![]() |
Vous désirez proclamer publiquement votre mariage ? ... et le
célébrer à l'église ?
|
Intéressé par une formation "Vivre en couple et en famille ?"
Sur cette page :
Conjugalité
et parentalité |
* Vous serez invité à cheminer avec un couple et
à préparer votre célébration avec lui. " Centre de Préparation au Mariage
" D'autres formules de préparation au
mariage : |
L'histoire de votre couple pourrait se schématiser ainsi :
— La rencontre . L’échange du premier regard, le pressentiment,
les premiers dialogues, le temps de l’émoi.
— L'apprentissage, le temps de l’apprivoisement ;
le temps de l’approche et de la reconnaissance mutuelle le temps de la
première querelle.., vite dépassée.
— Le couple. C’est le temps et le moment de la constitution du couple
comme couple. On « se veut » dans la durée. C’est le "oui " à l’autre,
qui est le < consentement > l’assentiment. C'est ordinairement le moment
où on décide de vivre ensemble.
Vient alors la décision prise en commun de célébrer publiquement ce mariage
— Le civil. C’est le moment décisif, de la proclamation sociale du
couple. L’homme et la femme, et leur entourage, assument de nouveaux rôles. C’est
la fête avec les amis, la parenté. Ce moment, dans toutes cultures, est le
moment de la célébration publique du mariage. C'est le passage à la mairie, ou à la maison communale. L’enregistrement
administratif du mariage témoigne de l’insertion du couple, comme couple,
dans une société organisée, complexe, assurant droits et devoirs.
— Le religieux. Une célébration religieuse. Au cours
de cette célébration, le couple vient avec parents et amis, <présenter>
à Dieu son bonheur, son engagement et son projet de vie de couple,
<bénir> Dieu pour leur amour dont ils reconnaissent qu'Il en est la
Source et recevoir sa <bénédiction> et son engagement à les accompagner
dans la fidélité, la durée et les fécondités parentales et sociales.
Une question de sens
C'est quoi "se marier" ?
Sous le terme de mariage, notre société marquée par le catholicisme place
deux réalités qui ne peuvent être confondues : le "mariage"
et la "célébration religieuse de ce mariage".
Soyons attentifs : on parle souvent de mariage civil et de mariage
religieux. A partir du XVIIIe siècle le pouvoir civil s’efforcera, non sans
peine, de « récupérer » le mariage. De nombreux conflits opposeront l’Eglise
et l’Etat autour du mariage. "C’est moi qui fais les mariages"
diront l’un et l’autre.
Le mariage civil apparaît peu à peu Angleterre en 1563 , en Hollande en
1580, en Autriche en 1783, en France en 1791. - En 1794, le Docteur
Chapuis, officier municipal de Liège, est décapité sur ordre du
Prince-évêque pour avoir présidé un mariage civil. - Au Canada
il faut attendre 1973 pour voir s’instaurer un mariage possible au
civil. C’est un Décret de Pie X, en 1907, qui instaure la
forme actuelle du Mariage-sacrement en exigeant la présence active du prêtre.
Le mariage est un rite de passage. Mais quelle est donc la
différence entre ces deux cérémonies ?
Au civil :
Ce qui est légalement indispensable, c'est la publication officielle de
votre union à la
commune, à la mairie.
Vous y vivez un "rite de passage", de la condition de célibataire à
l'état conjugal. A votre entrée à la maison communale, vous êtes identifiés et connu comme fils de…, fille de …
Mais à la sortie vous êtes appelés époux de ..., épouse
de..., Il y a eu un "passage" vers un autre état
social, un autre statut civil. C'est l'expression de l'insertion de votre
couple dans la société.
Et à l'église?
La démarche religieuse, est laissé au libre choix des croyants. Elle
est l'expression de notre foi chrétienne. Dieu est évoqué, impliqué
dans la relation nouvelle, qui se veut aimante (la fidélité), exclusive
(l'unité), durable (l'indissolubilité), ouverte aux autres, y compris aux
enfants (les fécondités).
Pour y voit plus clair, je vous propose d'ouvrir la
Bible. Dès la première page, nous découvrons les récits de la
création : "Au commencement..." Gn. 1-3 "... et Dieu créa
l'être humain, à son image et pour sa ressemblance. A son image et pour sa
ressemblance il le créa homme et femme." Ce qui dans la création
est l'image et la ressemblance de Dieu, sa signature, ce n'est pas un homme
seul, ce n'est pas une femme seule, mais un homme et une femme "en
relation" : c'est un couple et un couple, uni par et dans
l'amour, un couple "tout chaud, tout tendre", dans sa relation
aimante, dans sa relation de communion. "...et Dieu vit que cela était très
bon."
Le jour de la célébration religieuse de votre mariage, vous vous
présentez à l'église. Devant l'assemblée, c'est un couple qui se
présente. Vous proclamez votre amour l'un pour l'autre, vous vous engagez comme
époux et épouse. Publiquement couple aux regards de la
société civile, vous proclamez aussi vouloir être véritablement "Image
de Dieu", image vivante d'un Dieu relationnel, vivant
de son Amour, par son Amour. C'est ça l’aspect religieux du mariage : se proposer mutuellement
d'incarner à deux une image de Dieu la plus ressemblante possible, dans une
relation mutuelle, dans une histoire d'amour, dans l'histoire de votre couple.
C'est entrer dans une alliance à dimension spirituelle et incarnée dans vos
corps et vos cœurs.
Cet amour qui "nous tombe du ciel" nous apparaît ainsi comme une
vocation, une mission : construire une relation à caractère
d'éternité. On se marie parce qu'on s'aime, mais aussi pour s'aimer
d'avantage... et pour cela, une vie entière semble bien nécessaire.
En célébrant l'amour conjugal à l'église, vous annoncez et proclamez que Dieu est au cœur de votre amour, qu'Il en est la Source, qu'Il le vivifie et en révèle la dimension infinie.
Pourquoi parler de "sacrement" ? Et que signifie ce mot ?
J'aimerais bien connaître Dieu, le voir, savoir comment il est. Mais voilà, on ne peut pas le "voir". Lui aussi aimerait bien se faire connaître. Alors il utilise des médias : il se dévoile au travers de personnes, de signes, d'événements. Le mot "sacrement" vient du latin "sacramentum". Ce mot latin traduit lui-même le mot grec "mystère". Mais le mot latin ne rend pas toute la richesse du mot grec; celui-ci évoque quelque chose d'indéfini, de pressenti mais non atteint, de caché se dévoilant, de découvert mais non saisi, comme un paysage dans un brouillard épais qui se déchire par instants, mais non totalement, en restant encore flou. La vie de mariage peut être vécue comme un indice, comme une trace, comme un tremplin, comme un média au travers duquel Dieu-Amour se dévoile.
C'est quoi le sacrement ... Le sacrement, c'est ... quand ?
Une petite parabole vaut mieux qu'un long développement.
"La femme dont je suis amoureux a coutume de se parfumer et ce parfum
évoque pour moi quantité de souvenirs communs, mais surtout un visage, une
personne, celle que j'aime.
Or voici que, perdu dans la foule le dimanche au marché du Midi, je suis
alerté tout à coup par cette odeur bien connue et bien que je la sache à
l'étranger, c'est à mon aimée que je pense immédiatement, c'est elle que
j'évoque, ou que j'invoque.
Pareillement, quand je vois un couple qui s'aime, qui exprime sa complicité,
son bonheur d'être ensemble, son plaisir de cheminer l'un vers l'autre, je
pressens là-dedans quelque chose de divin, cela me fait penser à Dieu que je
sais Amour et Communion.
Le sacrement, c'est quand dans la réalité humaine, je « hume »
quelque chose de divin."
J.Cl. Daivier
Accepter qu’on dise à propos de votre mariage, qu’il est <sacrement
de mariage>, c’est que vous reconnaissiez l’origine divine de cet amour
et que vous acceptiez d’en être le témoin, le révélateur dans l’épaisseur
de votre vie d’homme et de femme incérés dans le monde ; le
mariage-sacrement est décision ferme (soudaine ou longuement mûrie) de tenter "en
acte" et dans son agir quotidien d'être trace, indice, dévoilement de
l'Amour et de la Fidélité pour et dans le Royaume ; c’est accepter et
vouloir que si Dieu se regardait dans un miroir, ce soit votre image, l'image de
votre couple qu'il puisse y voir.
Si vous le souhaitez, Dieu Amour se filtre dans votre mariage. ... Merveilleux,
n'est-ce pas!
Déroulement de la célébration
Célébrer votre mariage à l’église, d’accord mais pourquoi et comment ça se passe ?
Vous souvenez-vous du récit de la création du monde dans le livre de la Genèse : « … Le premier jour Dieu créa … »
Et en finale, comme son chef d’œuvre, « Dieu créa l’Homme à son image ; à son image et pour sa ressemblance il les créa homme et femme »
L’image de Dieu n’est donc pas un homme seul ni une femme seule, mais l'image d'une relation.
Non, Dieu crée un couple et c’est le couple qui est son image ; et encore un couple « tout chaud, tout tendre », un couple amoureux et de ce bonheur et de ce plaisir du couple « Dieu dit que cela était très bon ». …Et du même coup, nous pouvons prétendre que le bonheur et le plaisir du couple sont divins !
Si donc nous sommes conscients que l’amour que nous vivons a sa source en Dieu, que nous nous aimons de l’Amour de Dieu, par l’Amour de Dieu, quoi de plus normal de Lui dire notre reconnaissance, de Le remercier c’est-à-dire de Le bénir. (Bénir, du latin ‘bene dicere’ : dire des mots bons de félicitation, de remerciement de bonheur de tendresse, d’encouragement, etc.…)
Le jour de notre mariage, notre passage à l’église sera une action de grâce à Dieu : notre amour a sa source en Dieu, ce sera ce Dieu Amour qui sera le centre de la célébration religieuse. Dans la mesure où cela permettra à chacun de découvrir ce visage de notre Créateur, on pourra parler d’une célébration sacramentelle. En effet Le mot "sacrement" vient du latin "sacramentum". Ce mot latin traduit lui-même le mot grec "mystère". Mais le mot latin ne rend pas toute la richesse du mot grec ; celui-ci évoque quelque chose d'indéfini, de pressenti mais non encore atteint, de caché se dévoilant, de découvert mais non saisi, comme un paysage dans un brouillard épais qui se déchire par instants, mais non totalement, en restant encore flou.
Voyons ensemble le déroulement de ce passage par l’église.
Donc lorsque le jour de la célébration religieuse à l’occasion de notre mariage – que l’on appelle parfois « mariage à l’église » (c’est à la commune qu’on officialise son mariage : le mariage est un acte social, contracté devant une autorité civile responsable de l’organisation dans la société) c’est votre couple déjà marié qui entre dans l’église où vous avez invité parents, familles, amis et connaissances.
Nous commençons par nous saluer : c’est le moment de l’accueil par les mariés ( si l’émotion ne les rend pas muets !) ; ensuite, par le responsable (aussi appelé le président de l’assemblée) On saluera aussi le Seigneur, chez qui nous nous réunissons : c’est la prière d’entrée par le président.
Nous allons alors tenter de dire ce qu’est pour nous l’amour que nous éprouvons mutuellement, cela par le truchement de textes divers et, notamment, par le choix d’un texte de l’Evangile pour montrer notre orientation de couple. … Mais pour permettre à chacun de comprendre le pourquoi de ces choix, un développement – une homélie- sera bienvenue pour tout expliquer !
Vient alors le moment où nous dirons devant « Dieu et les hommes » notre engagement de couple :
Le mot engagement paraît vraiment approprié : une promesse est un engagement qui laisse espérer pour l’avenir, le consentement est un accord, une acceptation, une autorisation et ce vocable à consonance juridique est celui qui convient pour la maison communale tandis que ‘engagement’ sous-entend le commencement d’un agir.
Cet engagement c’est d’abord la déclaration de notre amour pour l’autre - « Je t’aime… » (il n’y a pas de parce que) C’est ensuite l’appel à la liberté de l’autre : « Veux-tu devenir mon époux(se) ? … »
Enfin encore l’engagement : « Je te prends pour époux(se) pour le meilleur et pour le pire, pour … »
C’est enfin l’appel aux témoins : « Dieu m’en est témoin et vous tous aussi. »
Vient la déclaration du président de l’assemblée : « Que l’homme
ne sépare pas ce que Dieu a uni ! » Cette phrase mérite une
explication : Non, vous n'êtes pas unis par la volonté de Dieu, mais par
son Amour. Quand nous entendons « … ce que Dieu a
uni. » nous comprenons «… ce que Amour a uni. » C’est bien par
et dans l’Amour divin que nous sommes unis. Et cela nous renvoie une nouvelle
fois vers ce « A son image et a sa ressemblance homme et femme il les fit
… »
Oui, c’est bien ainsi : que personne ne sépare ceux qui se sont unis par
et dans l'Amour de Dieu, devant Lui et devant nous tous ici assemblés.
Cette phrase doit donc être comprise comme un avertissement solennel qui s’adresse
à tous les présents. Elle est une sérieuse mise en garde à tous
ceux et celles qui auraient une influence sur le couple comme les
« bons amis », les parents qui n’auraient pas coupé le cordon
ombilical, etc.… etc. …
Spontanément, à ce moment, toute l’assemblée applaudit et les mariés en
profitent pour s’échanger un gros bisous : le baiser nuptial, occasion
rêvée de bonnes photos.
C’est le SPM (service de préparation au mariage) canadien qui en signale la
symbolique…
En hébreux le baiser nuptial (… et pas sur la joue ! ) signifie
« être animé d’un même souffle, d’un même Esprit » et cela
fait référence au récit parallèle de la création du monde (l’autre récit
dont référence plus haut) Lorsque Dieu a modelé l’être humain, pour lui
donner vie, dans ses narines, il a insufflé son souffle de vie, son souffle d’Amour.
Quelle richesse de sens ! Oui ils sont animés d’un même amour : l’Amour
! (…créés à son image et à sa ressemblance).
Ce mariage va maintenant être signifié par deux gestes : la bénédiction, pourquoi pas la consécration, et puis l'échange des alliances et enfin, la signature au registre paroissial.
Vient ensuite la bénédiction nuptiale.
Cette intervention est double :
Premièrement, le président bénit Dieu pour l’Amour qui vous unit et dont
vous vivez, puisqu’il en est la source. Dieu Amour nous crée à son
image et à sa ressemblance. C’est donc bien Lui qui est la source de votre
amour. Et puisque bénédiction signifie dire des mots bons, de remerciement, de
félicitation etc… Nous bénissons Dieu !
Ensuite le président de l’assemblée appelle Dieu à vous bénir, à vous
aider, à vous assister etc.…
Et sur cette lancée, proclamant sa joie et sa reconnaissance, le couple confie à Dieu son projet de vie commune et Lui demande de l’aider à le réaliser : c’est la prière des époux.
Nous prions encore les uns pour les autres (prière de la Communauté) et nous terminons cette célébration par la prière que Jésus nous a apprise : le Notre Père.
Vient enfin le temps des félicitations. Au moment de sortir de l’église, nous recevrons en premier les félicitations du Seigneur pour nous-même et pour toute l’assemblée. C’est la bénédiction finale.
Et puis, … que la fête continue !
Claire et Jean-Marie Deprez et Jean-Claude Daivier
BENIR
-Bénir, c'est penser du bien, c'est vouloir du bien, c'est souhaiter du bien, c'est chercher ci promouvoir tout ce qu'il y a de juste de beau et de vrai.
-Bénir, c'est cultiver l'enthousiasme, c'est donner de l'élan ci notre espérance.
-Bénir, c'est dire merci pour toute la part de cadeau présente dans notre existence, c'est dire merci pour la vie, l'amour et tous les autres bienfaits reçus gratuitement de nos parents et de nos amis.
-Bénir c'est encore dire merci pour le bonheur que l'autre m'apporte par le don de sa confiance, de son respect, de son amour car c'est l'autre qui m’append à aimer.
-Bénir, c'est demander au Seigneur de nous aider dans la sauvegarde et la mise en œuvre de ces dispositions d'esprit fondamentales.
Guy Lambrecht
Appel a témoins
Un témoin a des yeux pour voir, des oreilles pour entendre des sens qui accomplissent leur tache dans les limites de leur capacité.
Un témoin c'est encore quelqu'un dont les sens intérieurs aussi fonctionnent, quelqu'un qui comprend, quelqu'un qui fait preuve de beaucoup de bienveillance, ce qui a tendance ci rendre les autres meilleurs.
Un témoin c'est quelqu'un qui entre en dialogue avec ce qu'il perçoit qui s'enrichit de ce qu'il voit qui développe ce qu'il a compris car son intelligence est au service de l'amour.
Un témoin c'est enfin quelqu'un qui exprimera, manifestera et rayonnera tout ce qu'il a enregistré, compris, médité et assimilé.
Un témoin, par conséquent n'est pas seulement quelqu'un qui signe un document mais quelqu'un de choisi par amitié et qui, en une juste réciprocité, assumant sa part de responsabilité, est promu aimable gardien de l'amour célébré devant lui.
Guy Lambrecht
Les sacrements et la foi
« Sans l’Esprit Saint, le culte est une simple évocation »
notait le Patriarche Athénagoras ? Sans lui, les sacrements sont des actes
cultuels, des actes de l'homme : des actes "religieux".
La religion est une démarche de l'homme qui cherche à rencontrer Dieu, à
l'image de la construction de la tour de Babel.
Sans l'Esprit Saint, les sacrements ne sont que des rites reçus, traditionnels, souvent
folkloriques, toujours inefficaces ; ils sont du ritualisme. Il y a tout :
la matière, la forme, l'inscription dans des registres, ... on a fait ce qu'il
fallait ! Signes du vieil instinct religieux magique. ... Et
dans cette construction humaine, où est la foi ? La foi se retrouve
aux bagages accompagnés ou à la consigne !
La foi est l'accueil par l'homme d'une démarche de Dieu. Elle est l'accueil
de l'Esprit. Le croyant devient Christ pénétré de l'Esprit.
L'Esprit c'est le "Souffle", le vent; ce vent qui exprime le mouvement
et la vie, par opposition à la matière qui est lourde et inerte. Jésus
donne l'Esprit qui nous permet de respirer "l'air du Père".
Dans la foi la célébration religieuse devient "acte de
Christ". Dans la foi le mariage devient la vie relationnelle de deux personnes qui
se mettent à tout partager, animés d'un même souffle, habités par la
"mentalité", le souffle de Dieu qui est Amour.
Le couple devient comme une trace, comme un indice renvoyant à l'Amour
invisible et au dévoilement du "mystère" de Dieu .
D’autres différences encore :
Première différence Le mariage civil est un contrat, à l’église
il y a un engagement de type de vie.
Au civil, ce sont deux personnes qui décident de vivre en partenaires selon les
obligations, les droits et les devoirs déterminés dans une loi civile
déterminée par un état. Donc si un des conjoints ne respecte pas ou plus les
droits de l’autre, il est tout a fait légitime de rompre le contrat. Tandis
que le religieux repose essentiellement sur la mise en commun de sentiments
mutuels et réciproques pour vivre ensemble de l’amour.
C’est pourquoi, l’Église demande trois conditions :
1) une absence de toute contrainte, et une totale liberté,
2) un désir de fidélité pour toute la vie,
3) une acceptation que les deux partenaires deviennent époux et parents.
Deuxième différence Pour que le mariage civil ait une réalité
officielle et même réelle , il faut qu’il soit célébré devant un officier
de l’état civil et devant des témoins officiels . Si ce n’est pas le cas
la société ne reconnaît pas époux et épouse un homme et une femme qui
vivent ensemble. A l’église c’est devant le conscience religieuse - donc
devant Dieu - que les conjoints échangent leur engagement .Le Prêtre n’est
pas là comme un officier d’état civil, mais comme le simple témoin que les
deux partenaires manifestent leur désir de vivre et de construire leur aventure
amoureuse sous le regard de Dieu et dans sa grâce. C’est leur foi en ce Dieu
d’amour qui donne la valeur sacramentelle à leur mariage. . Donc si les deux
conjoints ne croient pas en Dieu et ne reconnaissent pas la présence de Dieu
dans leur amour, cette démarche est un non sens aux yeux de la communauté des
croyants. Mais attention, cela ne veut pas dire que leur amour n’a pas de sens
ni de valeur en soi.
Troisième différence : Dans le mariage civil la société attend
des conjoints qu’ils respectent les obligations, les devoirs et les droits
définis dans la loi civile du mariage. Tandis que dans la démarche religieuse,
la communauté des chrétiens attend des conjoints qu’ils soient témoins
de l’Amour de Dieu en eux et aussi dans le monde. Vouloir célébrer
religieusement le mariage est donc une vocation et une mission dans le peuple de
Dieu. C’est aussi désirer devenir une cellule vivante dans l’Eglise de
Christ. Bref, le registre du mariage civil est essentiellement de l’ordre du
légal et du moral ; la démarche religieuse est de l’ordre du théologal et
de l’ecclésial. Mais répétons le bien, le mariage civil est fondamental
pour les conjoints, tandis que son aspect religieux est un choix et une option
spirituelle particulière. Ce choix et cette option engendre bien évidement des
responsabilités particulières, comme par exemple éduquer dans la lumière de
la foi les enfants qui naîtront de leur union.
Gérard Bruyr
En tradition réformée
En tradition réformée, le mariage n’est pas un sacrement, car il n’a
pas été donné par le Christ pour structurer la vie de l’Église, au même
titre que le baptême et l’eucharistie.
Il appartient à l’ordre de la création, c’est dire qu’il renvoie au
projet fondateur de Dieu pour l’homme et la femme et que la validité du
mariage ne dépend donc pas de lois ecclésiastiques, d'un sacrement, mais du
consentement des époux qui s’engagent librement l’un à l’égard de l’autre.
La bénédiction religieuse témoigne du « oui » que Dieu dépose sur leur
amour et c’est dans leur foi qu’ils puiseront l’élan de renouveler leur
alliance jour après jour.
Francine Carillo
Il faut toujours prier sans se décourager (Luc, 18, 1)
Ils sont venus préparer leur mariage. Pourtant, bébé est là, et alternativement, les jeunes parents donnent le biberon. "Vous comprenez, c'est l'heure". La discussion se fait plus lente, interrompue par la distraction d'un petit cri, ou d'un 'rheu' à faire. J'essaye de ne pas trop perdre le fil de la préparation ni de montrer quelque impatience.
Et puis moi aussi je tombe dans la 'distraction'. "Comment vont ses nuits? Et qu'est-ce qui a changé dans votre couple avec son arrivée? Etc." Voici que la parole se fait plus vivre, comme un barrage qu'on ouvre. Ils évoquent la grossesse, difficile, et surtout les peurs : à 7 mois, on leur a annoncé le risque d'une trisomie 21. Il a fallu refaire les tests, attendre une longue semaine, recevoir des avis dans un sens puis dans un autre. On a annoncé au fiancé, entre deux portes, que la mère avait une nouvelle infection qui pourrait mettre en danger sa vie avec celle de l'enfant. Advient enfin un accouchement plus rapide que prévu, et un bébé 'normal', enfin tel que la 'nature' l'a fait...
"J'ai prié à ce moment-là" "Ah, tiens! Toi aussi?" Ils en ont l'air étonnés. Et contents. Etait-ce pour injurier Dieu? Ou pour lui demander d'intervenir contre vent et marée? Sans doute. Mais ce n'est pas ce dont ils se souviennent. "Je lui ai tout confié. En me disant que même si notre enfant ne devait pas vivre ici, il serait certainement accueilli dans son amour".
Nulle indifférence ni résignation, mais son amour de père était prêt à le confier à un autre amour de père, plus grand, un 'Père au coeur de Mère'.
Je repense à la prière de Jésus dans ce même évangile de St. Luc : "en tes mains, je remets mon esprit" et au verset du psaume 30 qui vient un peu après "devant moi, tu as ouvert un passage".
Ils se disent qu'ils essayeront de composer une prière pour le mariage, pour reprendre ce qu'ils ont découvert dans ces heures de crises : la précarité de la vie et de tout projet, la dureté de la médecine envers le mal comme parfois envers le malade, la peur, la solitude. Et la confiance de l'amour : Dieu peut bien peu de choses, mais au coeur de l'amour, il peut prendre le relais et ouvrir un passage pour elle, pour lui, pour moi.
A la fin de cette péricope de Luc 18, Jésus posait la question "le fils de l'homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre?" A partir de ces jeunes, je puis dire dans ma prière "oui, Seigneur! Tu peux continuer à venir".
B. Hauzeur
Témoignage
Claire Clivaz est pasteure de l’Église de Suisse Romande et mère de famille. Son mari est catholique. Elle nous livre son témoignage. Elle accompagne régulièrement des couples mixtes, c’est-à-dire dont chaque conjoint appartient à une Eglise différente.
C'est avec reconnaissance que je suis présente parmi vous, chers amis, chers frères et sœurs : en Suisse romande, nous avons en effet une longue habitude de l'accompagnement œcuménique des couples mixtes, puisque les protestants réformés y sont représentés en nombre assez important.
Des images qui me frappent…
Pour ce premier temps de présentation personnelle, j'aimerais d'abord avouer une chose : je suis très romantique. Je suis attachée pour plusieurs raisons à ma vocation de pasteur, mais l'une d'entre elles est certainement que j'aime profondément accompagner les paroissiens dans les situations de vie qu'ils traversent, et le mariage en est une belle. Que le couple soit engagé peu ou prou dans un chemin de foi, vivre avec eux ces moments fondamentaux est pour moi à chaque fois un cadeau. Juste avant que la célébration du mariage commence, je sors de l'église pour aller dire à la mariée qu'elle va pouvoir entrer. Je saisis alors au vol des images d'éternité : dans la claire lumière de l'été, alors que l'air vibre de chaleur, le père de la mariée ajuste délicatement le voile de sa fille. Tout semble pour une fois, et pour une fraction de seconde, parfait. Le temps s'arrête.
…et me parlent de l’Évangile
Si j'aime cet instant, ce n'est pas parce qu'il reflète particulièrement l'Evangile, ce n'est pas parce qu'il me rassure sur les valeurs de toujours, ce n'est pas parce qu'il correspondrait éminemment à la volonté du Christ : c'est parce qu'il est humainement profond, et parce que j'ai un petit côté fleur bleue qui fait que ce moment me touche. C'est grâce à cela que je me sens capable de toujours accueillir avec bienveillance les mariés qui téléphonent à la cure, quelles que soient leurs attentes. Chaque célébration de mariage est l'occasion d'une rencontre authentique entre personnes; chaque célébration ne sera pas forcément l'occasion d'une rencontre entre le Christ et les mariés : cela, c'est le mystère de ce qui se passe entre Dieu et les humains. Mon Eglise a en effet pour principe de «laisser à Dieu le jugement des cœurs», et cet idéal guide profondément tout mon vécu pastoral. Il n'y a aucun couple que je considère d'entrée comme digne ou indigne de se marier à l'Eglise : au moment de mon mariage, et malgré toute la conviction de ma vie de foi, j'étais moi-même certainement à la fois digne et indigne de me marier devant Dieu. En ce sens, le pasteur protestant, marié, avance au sein du peuple de Dieu, avec le Christ pour vis-à-vis, faillible comme les autres, justifié comme les autres, en chemin de sanctification comme les autres.
Un engagement à vie
C'est pour cela que je peux vivre avec bonheur ma vie d'épouse et de mère, sans avoir l'impression d'être en particulier un « modèle » ou une « référence ». S'il est primordial pour moi de rester dans un engagement de couple à vie, c'est d'abord parce que j'en lis la nécessité radicale dans le regard de mes enfants. Mon fils aîné, avant d'aller à l'école enfantine, n'avait jamais dû entendre parler de divorce dans notre famille. A 5 ans, je l'ai vu rentrer un jour en sanglotant de l'école : les parents de l'une de ses amies de classe se séparaient. Mon fils était visiblement bouleversé à l'idée que cela soit possible que le noyau familial éclate. Ces larmes d'enfants sont pour moi le fondement le plus absolu, le plus sacré, le plus fort de ce que l'on appelle ici «l'indissolubilité du mariage». Le «oui» que l'on prononce un jour sans savoir exactement à quoi l'on s'engage, comme l'a rappelé Claude Piron, la bénédiction de Dieu que l'on demande sans bien se représenter ce qu'on ose lui demander, le contrat que l'on signe et qui s'en ira jaunir dans des archives, sont finalement de bien peu de poids en regard de ce contrat de chair et de sang que représente l'enfant.
En toute modestie
A chaque fois que nous apprenons que des amis ou des connaissances divorcent, nos trois enfants nous redisent, l'air presque sévère, «en tous cas, vous jamais, n'est-ce pas !». Je ne leur réponds pas « mais non bien sûr »; je leur réponds toujours : « papa et moi souhaitons de tout notre cœur rester toujours ensemble, et nous faisons tout notre possible pour que notre amour dure ». C'est ce que j'appellerais une réponse réaliste, qui prend en compte le fait qu'aujourd'hui, le divorce est fondamentalement possible, notamment socialement (il n'y a plus un regard d'opprobre sur les divorcés), et financièrement. J'ai toujours été impressionnée d'entendre des paroissiennes dans les 70 ans, dire : « Oh si j'avais pu, je serais bien partie à certains moments. Mais de toutes façons, je n'avais pas l'argent. Et au fond maintenant, je suis contente d'avoir tenu le coup ».
S’appuyer sur le « oui »
Écouter nos aînés nous oblige à réaliser que nos contemporains doivent affronter des questions que les générations d'avant ne se posaient pas : c'est une lourde responsabilité de savoir aujourd'hui qu'il n'y a pas de barrière sociale ou matérielle qui nous empêchent de divorcer, ou qui nous aideraient bon gré mal gré à tenir le coup. Tout repose désormais sur les valeurs au nom desquelles nous allons essayer de «tenir le coup». Comme je l'ai dit, pour moi, c'est fondamentalement le regard des enfants qui invite à la durée, quand le reste vacille. Mais j'avouerais aussi avoir connu une période, période de crise dans ces 14 premières années de mariage, où le regard des enfants n'était peut-être plus assez fort pour m'aider à aller plus loin. Pendant quelques semaines, je me souviens avoir attendu le culte du dimanche matin pour me recentrer sur le « oui » prononcé autrefois, et choisir librement de m'y inscrire encore, encore un jour, encore une semaine, encore un peu. Juste au nom de ce « oui ». Ce « oui » m'a porté à travers cette période de crise, et m'a permis de retrouver plus tard toute ma joie d'épouse.
Vivre dans la liberté
J'ai pu rester attachée à ce « oui », parce qu'il n'était accompagné d'aucune condamnation, comme : « briser ce oui, c'est être exclu de l'eucharistie » ; ou « briser ce oui, c'est entrer en état de péché », ou que sais-je. Au moment d'évaluer la portée d'un engagement, c'est pour moi très important de laisser raisonner ces paroles du Christ : « Les scribes et les pharisiens, lient de pesants fardeaux, et les mettent sur les épaules des hommes, alors qu'eux-mêmes se refusent à les remuer du doigt » (Mt 23, 4). Aucune Eglise au monde ne peut songer à « lier de pesants fardeaux » sur les épaules des autres, sans redevenir scribe ou pharisienne. Si je peux dire « oui » malgré toute mon inconsistance d'être humain, c'est qu'à la croix, le Père m'a dit oui le premier, de manière inconditionnelle, et que rien, jamais, ne le fera revenir sur ce oui. Je découvre alors que « tout m'est permis, mais tout ne convient pas » (1 Co 6, 12), comme le dit l'apôtre Paul. « Avec crainte et tremblements » (Phil 2, 12), je mets alors mon salut en œuvre, et j'essaie d'avancer dans cet espace ténu entre « tout m'est permis », et « tout ne convient pas ». J'ose alors persévérer dans le « oui », parce qu'il est un écho timide, mais réel, du oui de Dieu en Jésus-Christ. Au moment où je vous parle, je me sens donc à la fois complètement sûre de partager le reste de mon existence avec mon mari. Mais je suis aussi complètement consciente qu'il faudra à chaque fois reconquérir ce « oui », puisque j'ai aussi la liberté de dire « non ». Et je pourrai rester fidèle à ce oui, si j'accepte de tout mon être qu'en Jésus-Christ, notre Dieu Père au cœur de mère m'a dit « oui » en premier, et pour toujours. Il ne m'appartient dès lors plus de gagner ou de sauver quoi que ce soit, même pas la stabilité affective de mes enfants : ce qui m'est offert, c'est de continuer à croître, à accepter de grandir encore un peu.
C'est cela que j'essaie de vivre dans mon engagement d'épouse, fidèle à l'esprit du verset biblique que nous avions inscrit sur notre faire-part de mariage: « si tu savais le don de Dieu... » (Jn 4, 10).
Des paroles d’Evangile
« Et moi je vous dis : quiconque répudie sa femme - sauf en cas d'union illégale - la pousse à l'adultère; et si quelqu'un épouse une répudiée, il est adultère » (Mt 5,32). Les différentes Eglises chrétiennes se basent sur ce passage de l'Evangile de Matthieu pour dire leurs approches de l'engagement du mariage.
Derrière la traduction « sauf en cas d'union illégale » se tient le terme grec de porneia, traduit en général par impudicité, ou par adultère. L'Eglise catholique comprend ce terme comme désignant une « union illégale », et le droit canonique en a conclu qu'un mariage pouvait être déclaré nul - annulé - si l'engagement n'avait pas été pris dans les formes requises. L'Eglise orthodoxe comprend quant à elle porneia comme désignant l'adultère : il peut y avoir pour elle une mort morale du mariage. Elle considère que seul le Christ peut donner un sacrement, que c'est donc lui qui donne le sacrement de mariage, et qu'il peut aussi régénérer les personnes amenées à divorcer. L'Eglise orthodoxe célèbre donc des liturgies de re-mariage.
Il en est de même pour les Eglises protestantes, ce qui ne signifie pas que les Eglises orthodoxe et protestantes considèrent l'engagement matrimonial à la légère. Comme protestante, je suis sensible au fait que les Evangiles de Marc et de Luc présentent cet engagement sans mettre de « clause d'exception », au contraire de l'Evangile de Matthieu. L'Evangile selon Marc indique même la réciprocité homme - femme dans cette question : « Si quelqu'un répudie sa femme et en épouse une autre, il est adultère à l'égard de la première; et si la femme répudie son mari et en épouse un autre, elle est adultère » (Mc 10, 12). Pas d'exception ici, pas de mais, pas de sauf, l'horizon est celui de la fidélité et de l'engagement à vie. C'est pourquoi dans les entretiens de mariage, j'insiste toujours sur cette perspective avec les mariés. Je leur soumets l'adage suivant : « se marier, ce n'est pas en choisir une/un, c'est renoncer à toutes /tous les autres ». Ma foi, je dois bien reconnaître que les futures épouses sont en général pleines d'approbation, tandis que les futurs mariés tiquent souvent un peu. Nous n'aimons pas, n'est-ce pas, voir ce que nous risquons de perdre - surtout si c'est notre « liberté »; nous aimons surtout voir ce que nous avons à gagner.
Un chemin difficile
Le chemin que Jésus propose pour le couple, c'est aussi un chemin de perte, d'abandon des possibles infinis; les disciples le comprennent tout de suite, parce qu'ils répondent ainsi à la définition que Jésus donne du mariage : « Si telle est la condition de l'homme envers la femme, il n'y a pas intérêt à se marier ! » (Mt 19, 10). Comprenne qui pourra répond le Christ, en appelant qui plus est au célibat. Sur ce chemin de perte et de dépossession, la chute est facile : c'est ce qui explique que l'Evangile selon Matthieu ait déjà mis une clause d'exception à ce chemin d'engagement à vie, « sauf en cas de porneia ». C'est qu'au moment où Matthieu prend sa plume, il devait déjà y en avoir dans la communauté qui avaient trouvé le challenge bien contraignant : il fallait une marge de manoeuvre. Peu m'importe finalement comment on traduit exactement cette clause d'exception, ce que je note, c'est qu'au sein des Evangiles mêmes les premières communautés chrétiennes ont dû éviter le piège de retomber dans un légalisme encore plus dur et rigide que celui des pharisiens.
Et les divorcés ?
…pratique protestante
Qu'en conclure dans la pratique pastorale ? Force est de constater que le divorce n'est vraiment plus une exception, c'est sûr. Mais de manière générale, les re-mariages religieux protestants restent minoritaires par rapport aux « premiers » mariages religieux. Je peux affirmer qu'un couple ne se présente absolument pas de la même manière pour un premier ou un second engagement. En ce sens, il ne saurait y avoir de vrai « re- »mariage, et c'est ce qu'a bien senti la liturgie orthodoxe. Un couple qui va au-devant d'un second engagement le fait avec beaucoup plus de gravité, moins d'illusion, plus de réalisme. Je propose à tous les futurs mariés un temps de confession des péchés, au début de la célébration : cette possibilité n'est en général utilisée que par les couples où l'un des deux se re-marie. Mais je peux dire que pratiquement tous les couples que j'ai vus se re-marier ont souhaité avoir ce temps pénitentiel.
Ce moment peut même revêtir un ton émotionnel fort : je me souviens d'un re-marié qui a tenu à faire une longue prière pénitentielle, en y prononçant les noms des quatre enfants nés de son premier mariage, quatre enfants presque tous déjà adultes. L'homme s'est mis à pleurer au moment où il a prononcé le nom de ses quatre enfants en leur demandant pardon. A cet instant, je me suis demandée un moment comment cette célébration de mariage allait pouvoir se poursuivre, mais tout s'est déroulé dans la sérénité, et j'ai ressenti ce jour-là une authenticité qui est loin d'être de mise pour bien des «premiers» mariages. Qu'à chaque instant de nos vies, il y ait des chemins de bénédiction possibles, comment en douter ?
J'ai été heureuse de trouver dans la librairie d'un monastère français cet ouvrage publié en 2004 : Se remarier après un divorce. Réflexions sur un temps de prière, préface par Mgr Le Bourgeois. On y lit qu'en 2002 l'assemblée des évêques de France avait adopté un texte d'orientation sur la célébration d'une prière d'accompagnement des couples remariés civilement, une prière qui doit bien se distinguer des signes extérieurs d'une célébration sacramentelle.
Ouverture catholique
Autrement dit, voici mon Eglise-sœur, celle à laquelle appartient mon mari, qui essaie d'entendre la réalité de la vie de ses fidèles, et ma foi, cela me réjouit. J'ai bien conscience que ce que promulgue la conférence des évêques en France ne vaut pas pour l'entier du monde catholique, même pas peut-être pour l'Europe. Mais j'aimerais ici rassurer ceux que cette proposition effraie : il ne peut pas y avoir confusion à mon sens entre un re-mariage et un mariage, entre la célébration sacramentelle et un temps de prière, car jamais un couple ne se présente de la même manière à un second engagement qu'à un premier. C'est vraiment ce que j'ai constaté tout au long de ma pratique pastorale. Il y a dans le premier - ou le seul - oui une «insoutenable légèreté de l'être», pour reprendre les termes de l'écrivain Kundera, que jamais au grand jamais on ne peut retrouver par la suite.
Mais en corollaire, j'estime aussi dire que la démarche « d'annuler » un mariage me semble irréaliste anthropologiquement, si ce n'est dans des cas très rares et spécifiques. Je me souviens d'une jeune femme très catholique que son mari avait très tôt quittée pour une autre; elle s'était ensuite remariée civilement et se désolait que son Eglise n'ait que l'annulation à lui proposer : «Je me suis vraiment engagée, me disait-elle. J'y croyais de tout mon cœur. Je ne peux pas dire qu'il n'y avait rien, que tout cela est annulé, comme si cela n'avait pas existé. Ce que j'ai vécu, je l'ai vécu».
Assumer l’échec
En Christ, la souffrance et l'échec ne sont pas appelés à être annulés, mais assumés. En ce temps pascal, ce qui nous est donné à méditer c'est l'icône d'un Christ ressuscité avec la marque des clous. La vie nouvelle n'a pas effacé les lieux de souffrances, elle les a glorifiés sans les annuler. Je crois profondément que nous sommes appelés à assumer la marque de nos clous, dans une vie qui aspire chaque jour davantage à assimiler les forces résurrectionnelles. Ce qui est indissoluble, c'est l'amour du Père pour chacun de ses enfants dispersés. C'est en raison de cette réalité dernière que je veux prendre le risque de vivre les réalités avant-dernières, pour reprendre les termes de Dietrich Bonhoeffer, ce théologien mort fusillé en camp de concentration, et qui serait sans doute canonisé s'il n'était protestant. Je choisis de m'engager avec le Christ dans cette réalité avant-dernière qu'est le mariage, parce qu'Il me donne d'y trouver les prémices des réalités dernières du Royaume. Mais déjà aussi, je m'apprête à dépasser cette réalité avant-dernière : aux Sadducéens qui lui demande qui sera le mari de la femme aux sept époux lorsqu'elle ressuscitera, Jésus répond que la question n'est pas là. Après la mort nous attend une vie totalement autre, sans commune mesure avec celle que nous vivons ici-bas, où nous serons « pareils aux anges » (Lc 20, 36).
Le moment où je trouve ma relation la plus juste à mon mari, c'est certainement lorsque nous sommes rassemblés en tablée, en cercle, autour de la table sainte de communion. Nous voilà alors l'un avec l'autre, mais aussi avec toutes les autres personnes présentes, à équidistance les uns des autres. Ce lieu avant-dernier de la communion nous donne une image de la réalité dernière du Royaume, où être en Dieu, avec Dieu nous donnera enfin pleine communion les uns aux autres. A cela je veux dire oui, aujourd'hui comme hier, comme demain.
Claire Clivaz
Présentation du C.P.M.
(Centre diocésain de Préparation au Mariage)
Site Internet : http://www.cpm-be.eu
Courriel : cpm.bxl@easynet.be
Les activités du C.P.M. s'articulent autour de deux pôles
complémentaires :
- un accueil individuel et personnel au niveau de la paroisse,
- une rencontre avec d'autres couples ; c'est dans ce contexte
que se situent les activités du C.P.M. Bruxelles.
Concrètement
Le C.P.M. organise des sessions qui mettent l'accent
sur la relation, sur la prise de conscience du sens du mariage, sur l'élaboration
d'un projet de vie de couple et sur la clarification de la démarche au niveau
de la foi, de telle façon que les jeunes perçoivent la nécessité d'un
dialogue fréquent entre eux sur ces sujets.
Ce que la session offre.
- Faire le point sur la relation de couple.
- Une occasion de reconnaître la nécessité de la communication dans le
couple, qu'elle soit verbale ou non verbale voire même écrite.
- Vérifier les attitudes et les comportements dans la vie de couple, pour -
peut-être - amliorer.
- Approfondir l'engagement mutuel dans l'optique d'un mariage.
Contenu de la session.
Bâtir l'harmonie du couple
Vivre l'harmonie affective et sexuelle
La célbration religieuse du mariage des chrétiens.
Qui sont les animateurs ?
- Nous ne sommes pas des machines à distribuer
recettes et conseils; nous ne sommes pas des conseillers conjugaux, sociaux ou
théologiques ; nous ne sommes pas des juges ou des professeurs. Nous sommes des
accompagnateurs dans votre cheminement, votre écoute, partageant notre
exprience à votre demande, pour que vous puissiez faire le point.
Les objectifs .
1. Aider les couples à prendre mieux conscience
de leur engagement de mariage et de la démarche religieuse qu'ils vont faire :
ils entrent publiquement "en mariage";
2. les accompagner dans leur réflexion et leur donner goût pour cette
recherche d'approfondissement et de communication;
3. leur offrir en même temps une nouvelle image de l'Eglise, une vision
positive de la Communauté Chrétienne, que bon nombre d'entre eux ont quitté
depuis leur adolescence.
Le C.P.M. propose ce temps d'arrêt pour permettre à ces jeunes couples de prendre davantage connaissance du contenu humain et spirituel de la démarche dans laquelle ils se sont engagés.
Agenda des sessions CPM en Belgique : www.cpm-be.eu/agenda.html
Présentation de Mariage-rencontre «Amour et engagement»
Site Internet : http://users.belgacom.net/me.fr
Courriel : marriage.encounter@swing.be
Week-end d’approfondissement de la relation centré sur la communication et le sens du sacrement du mariage.
Dans un climat de vérité et de confiance, deux couples et un prêtre partagent leur expérience personnelle et leur foi dans le mariage. Ils vous invitent ensuite à vous dire l’un à l’autre vos attentes, vos espoirs, vos ambitions, votre foi, et à bâtir ainsi à deux votre projet de vie. C’est une occasion merveilleuse de faire grandir votre amour.
Au cours de ce week-end de réflexion approfondie, l’intimité du couple est tout-à-fait respectée. Le moment idéal se situe environ six mois avant la date du mariage.
Chaque week-end débute le vendredi à 20 heures et se termine le dimanche à 17 heures.
Renseignements : aygheysen@skynet.be.
Secrétariat : rue Longue, 283 - 6200 Bouffioulx - tél : 078 151 028
Vous préparez la liturgie de votre célébration de mariage. Est-il
nécessaire d'y ajouter une Eucharistie ?
Ajouter l'Eucharistie, ce n'est pas une question de solennité, ni de longueur
ou d'importance de la célébration, mais ressort d'une conviction de foi
chrétienne.
Faut-il une messe LE jour de votre célébration de l'Amour ?
Franchement : NON.
Vous avez aussi la possibilité de la vivre avant ou après le jour même de la
fête dans une atmosphère plus recueillie et dans l'intimité (comme le propose le
cardinal) !
Il est même préférable que l'Eucharistie se situe un autre jour. C'est
en effet un acte "de couple" entre Dieu et vous, un engagement
"intime", et le recueillement et la profondeur de cet engagement sera
bien mieux vécu à vous deux, loin des flons flons de la fête !
Il est aussi préférable qu'elle soit vécue au sein de la communauté dans
laquelle vous avez l'intention de vous incérer et préparée avec celle-ci.
(C'est le motif pour lequel nous vous proposons plus loin deux prières
eucharistiques pour une telle célébration.)
OUI l'Eucharistie a un rapport direct à votre union.
Le mariage est le signe de l'alliance entre un homme et une femme. L'Eucharistie
est le signe de l'alliance entre Dieu et l'humanité. Mais c'est encore bien
plus : un engagement.
En tant que chrétiens, ce sera la manière la plus intense de s'unir au Dieu de l’alliance, et de "communier" au Christ en faisant couple à deux et communauté avec d'autres.
Si vous avez un dictionnaire étymologique, vous lirez que notre mot français « communion » n’est pas la transcription du latin cum-unio (union avec – et qui s’écrirait avec un seul M- ) mais de cum-munus, qui signifie avoir une responsabilité commune.
Nous voici donc dans une autre perspective, beaucoup plus
dynamique, puisque le mot indique dès l’origine que la communion implique
responsabilité, œuvre commune à réaliser.
Alors que tant de fois, nous n’avions qu’une responsabilité purement
individualiste (communier pour me nourrir, pour m’apporter un réconfort) il s’agit
de renverser la vapeur : je vais communier pour m’engager, avec mon
conjoint, avec tous les frères, au service de l’œuvre commune à laquelle le
Christ nous invite : le salut du monde, la construction du Royaume.
Communier, c’est prendre un engagement, c’est comme
relever un défi de couple, se mobiliser, se mettre à l’œuvre, donc se faire
serviteur par Jésus, avec lui et en lui.
Et cela apparaît bien comme une dimension plus valorisante de notre projet de
vie.
Voici deux textes spécialement écrits pour des liturgies à l'occasion d'un mariage.
1.- PRIERE EUCHARISTIQUE DU CANADA
Père très bon, nous te louons et te rendons grâce pour les merveilles de
ton amour.
Oui, nous te rendons grâce, Dieu vivant, car depuis le commencement du monde
l'amour et la vie ne cessent de s'unir et de se féconder au souffle de
l'Esprit.
Sois béni pour la présence de Jésus, ton envoyé, lui qui nous a montré ton
amour en se livrant librement pour nous.C'est par lui que ces nouveaux époux,
leurs parents, leurs amis et nous tous nous te louons et te bénissons en
chantant (disant) avec les anges et l'hymne de ta gloire: saint, saint, saint...
Oui, tu es vraiment saint, Dieu de l'univers, car en créant l'homme à ton
image, homme et femme tu les créas. Tu as mis en eux l'amour qui les porte l'un
vers l'autre jusqu'au don de la vie. Présent au cœur de leur amour, tu bâtis
la fraternité humaine sur la pierre angulaire de leur alliance.Pour renouveler
ton alliance avec l'humanité, tu as envoyé sur notre terre ton Fils
bien-aimé. Par lui, tu as renouvelé l'union de l'homme et de la femme en
faisant du mariage le sceau de leur union et un signe privilégié de ton amour
pour nous.Pour te rendre grâce de toutes tes merveilles, Père très bon, nous
faisons ici ce que fit Jésus quand vint l'heure de donner sa vie.
Que ton Esprit Saint, aujourd'hui comme alors fasse de ce pain et de ce vin le
corps et le sang de ton Fils, signes de ton alliance avec nous.
Au cours du dernier repas partagé avec les siens Jésus prit le pain; après
t'avoir rendu grâce, il le rompit et le donna à ses disciples, en
disant:"Prenez et mangez-en tous, Ceci est mon corps, livré pour
vous".
A la fin du repas, il prit la coupe de vin; de nouveau, il te rendit grâce,
puis il dit, en donnant la coupe à ses disciples:"Prenez et buvez-en
tous,Car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l'Alliance nouvelle et
éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude, en rémission des
péchés.
Vous ferez cela en mémoire de moi".
Père très bon, nous faisons mémoire de la mort de ton Fils bien-aimé,
preuve suprême de son amour pour nous. Nous faisons aussi mémoire de sa
résurrection et de son entrée dans ta gloire, fondements de notre espérance
de vivre un jour auprès de toi.
Accueille avec bonté l'offrande du Christ, devenue celle de ta famille
entière.
Souviens-toi, Seigneur, de ton Eglise répandue à travers le monde. Tu la veux
belle comme une fiancée, jeune, libre et fidèle. Que ton Esprit la conduise
toujours, unie à ton Fils bien-aimé, sur les chemins de la vérité et de
l'unité.
Dieu de toute alliance et de toute vie, tu as uni les mains de... et de... dans
le serment de leur alliance et leurs cœurs dans le don mutuel de leur vie.
Conserve à ces nouveaux époux la tendresse dont tu les entoures aujourd'hui et
leur amour qui monte vers toi.
Souviens-toi de nous tous ici rassemblés dans la joie et la prière. Resserre
nos liens avec les pasteurs de ton peuple: le Pape... et notre Evêque...
Nous te prions aussi pour tous ceux qui connaissent le bonheur d'aimer et
d'être aimés :qu'ils soient le soutien et le réconfort de leurs frères et de
leurs sœurs.
Nous implorons aussi ta bonté pour tant d'autres, qui ont été déçus dans
leur soif de bonheur et d'amour.
Sois leur paix, leur consolation, leur espérance, afin qu'ils retrouvent la
joie de vivre dans ton amour, au service des autres.
Nous prions en union avec tous ceux qui nous sont chers et qui nous ont
précédés auprès de toi, et à qui tu ouvres largement les bras pour les
accueillir dans ton royaume de gloire et de paix.
Dieu notre Père, qui veux notre bonheur, ravive notre amour pour toi et notre
espérance de vivre ensemble auprès de toi, avec la Vierge Marie, la Mère de
Jésus, avec la foule innombrable des Saints pour te bénir et te louer, par
Jésus, ton Fils bien-aimé.
Par lui, avec lui et en lui, à toi, Dieu le père tout-puissant, dans l'unité du Saint Esprit, tout honneur et toute gloire, pour les siècles des siècles.
2.- AU DIEU QUI SE DESSAISIT
Vraiment, il est bon de te louer, Dieu notre Père!
Nous te remercions spécialement aujourd'hui pour tous ceux qui s'aiment, de par
le monde, et surtout pour N... et N...
Tu leur as donné de se rencontrer, de se reconnaître et de découvrir ensemble
la merveille de l'amour.
Tu as mis en leur cœur ce meilleur d'eux-mêmes qu'ils ne cessent de se donner.
Nous te rendons grâce pour leurs familles qui accueillent leur amour, et pour
tous ceux qui, sur leur route, les aident à progresser.
Nous te louons, émerveillés de découvrir que tu es l'amour même dont ils
vivent, l'amour qu'aspirent à connaître tous les hommes.
Tu es plus proche de nous que l'homme de sa femme, que la mère de son enfant.
Aussi, avec tous ceux qui ont aimé et tous ceux qui sont signes de ta
présence, nous voulons t'acclamer en chantant (disant): Saint, saint, saint,...
Père, nous te louons surtout parce que tu nous donnes ton Fils Jésus.
En lui tu nous fais percevoir à quel point tu nous aimes: il a passé sa vie à
rendre espoir aux affligés, à redresser ceux qui ploient sous le fardeau, à
proclamer que seul l'amour est digne de foi.
Il n'a pas hésité à se donner jusqu'au bout et à se dessaisir de sa propre
vie.
Il nous en a laissé le signe lorsque, réuni avec ses disciples à la veille de
sa passion, il prit le pain, il te rendit grâce, il le rompit et le donna à
ses disciples en disant : "Prenez et mangez-en tous, Ceci est mon corps,
livré pour vous".
De même, à la fin du repas, il prit la coupe, de nouveau il te rendit grâce
et la donna à ses disciples en disant: "Prenez et buvez-en tous, Car ceci
est la coupe de mon sang, le sang de l'Alliance nouvelle et éternelle, qui sera
versé pour vous et pour la multitude, en rémission des péchés.
Vous ferez cela en mémoire de moi".
Nous revivons ici ensemble ce que Jésus a fait: son amour a été jusqu'au
bout, jusqu'à la mort.
Mais toi, Père, tu l'as ressuscité pour nous; il est celui qui donne la vie au
monde.
Dans la foi, nous attendons sa venue tout en le sachant déjà présent parmi
nous.
Aussi nous te demandons de nous donner ton Esprit; qu'en nous faisant communier
au corps et au sang de ton Fils, il noue à jamais nos alliances et nous fiance
à toi pour toujours.
Qu'il agisse en nos cœurs et que notre engagement soit sans réticence, comme
celui du Christ.
Qu'il nous rende plus libres, et qu'il fasse de nous des témoins de l'amour.
Fais grandir ton Eglise dans l'humble service des autres; maintiens vivante en
elle la flamme de l'amour.
Garde-la dans la communion et l'unité, autour du Pape et des évêques.
Nous te confions nos prières avec nos frères et nos sœurs dont l'absence ici
nous fait mal.
Rassemble-nous tous auprès de toi, avec la foule de tes amis, pour que nous
puissions découvrir combien tu dépasses tout ce que nous imaginons de toi et
que notre joie soit celle même de Jésus-Christ.
Par lui, avec lui et en lui, à toi, Dieu, le Père très aimant, dans l'unité du Saint Esprit, tout honneur et toute gloire, pour les siècles des siècles.
Amen.