L'Eucharistie à la Paroisse libre

Theologie et célébration


Paroisse Libre de Bruxelles

Nous voudrions ici rendre hommage à Louis FEVRE qui a mis toutes ses connaissances, son esprit critique et son cœur pour nous aider à réaliser cette brochure. Il nous a accompagnés tant que ses forces le lui ont permis.
Sus
anne DAWS   Jean GONDRY   Thierry SNOY   Paul TIHON   Marie-Christine TERLINDEN-SNOY


        Chapitre 1. Le sens de l’eucharistie  :

    A. La liturgie de la parole  : L’Évangile proclamé et partagé

    La liturgie de la parole qui précède l’eucharistie comporte deux dimensions constitutives  : l’une est l’écoute de ce qu’on a appelé «  la parole de Dieu  », l’autre, l’interprétation et l’appropriation aujourd’hui par les auditeurs croyants de cette même parole. Les deux dimensions s’articulent et ne peuvent être séparées.

    1) En célébrant notre foi ensemble, nous serons nécessairement amenés à reconnaître que nous ne le pouvons qu’en référence à une histoire et à des témoins qui nous ont précédés et nous ont transmis un message. Ce message, c’est essentiellement pour nous l’Évangile de Jésus Christ fils de Dieu (Mc 1,1), une bonne nouvelle qui nous est adressée et que nous avons en premier lieu à entendre et à accueillir comme telle. En ce qui concerne son contenu formel, la tradition qui a prévalu dans les communautés chrétiennes depuis l’origine affirme que la Bible, Premier et Nouveau Testament indissociablement, en contient la trace écrite authentique et en constitue le document autorisé par excellence («  canon  »). Lire, écouter et assimiler les paroles consignées dans la Bible, avant et de préférence à toute autre source, font partie intégrante de la liturgie chrétienne. Sans que cela exclue nécessairement le recours à d’autres sources qui y fassent écho. En ce qui concerne la portée spirituelle de l’Évangile, cela implique de notre part la réception et l’adhésion, au-delà des mots ou d’une doctrine, à une vérité qui nous vient d’un Autre que nous, à travers d’autres hommes et femmes qui y ont cru et en ont témoigné. Cette vérité, nous la faisons nôtre, mais nous la vivons d’abord comme une grâce qui nous surprend, qui nous retourne et nous libère de façon totalement inattendue et imméritée de notre part. La grâce et la vérité (cf. Jean 1,17), nous n’en sommes jamais les propriétaires. Nous avons à nous y ouvrir et y consentir sans cesse, à nous y convertir, nous n’en aurons jamais terminé. Car elles vont à l’encontre de nos tendances les plus ancrées (fermeture, volonté de posséder et de dominer), tout en rencontrant aussi nos aspirations les plus profondes au bonheur. Car c’est bien au bonheur que nous sommes invités, même s’il s’agit d’un bonheur qui traverse le malheur sous ses diverses formes  : Heureux, vous les pauvres  : le royaume de Dieu est à vous (Luc 6,20). Entendre proclamée par Jésus, puis par celles et ceux qui se réclament de lui la bonne nouvelle de Dieu, l’accomplissement de la venue de son royaume (Marc 1,14-15), nous laisser pénétrer par cette proclamation, voilà bien la première démarche à laquelle nous convie la liturgie de la parole.

    2) «  Entendre  » la parole de l’Autre à travers l’Évangile de Jésus Christ fils de Dieu nous entraîne à prendre aussitôt la parole, la nôtre à chacune ou chacun, à puiser dans la sienne la liberté dont il a fait preuve. Nous ne sommes nullement astreints à un rôle d’auditeurs passifs ou de réceptionnaires inertes. Jésus est l’homme qui a fait entendre les sourds et parler les muets. Comme l’ensemble de la vie, la liturgie de la parole sera pour nous le moment par excellence où, ayant entendu Jésus  nous dire  : Ouvre-toi, notre langue se déliera et nous proclamerons à notre tour la bonne nouvelle (Marc 7, 34-37) et la partagerons entre nous. Si l’on refuse que la lecture des textes bibliques ou autres se cantonne à un rituel morne et répétitif devant une assemblée réduite au silence, ce qui serait une trahison en fait de l’Évangile, il importe que nous, chacun et chacune, ayons, d’une façon ou d’une autre, notre mot à dire et en trouvions la possibilité. Sans qu’il y ait obligation de s’exprimer ni contrainte de se taire. La foi en la parole de l’Autre passe nécessairement par la foi en la parole de tous les autres qui nous entourent et elle doit s’actualiser justement dans la célébration. (C’est un atout de la Paroisse libre d’avoir mis cela en pratique, même si sa réalisation au jour le jour ne va pas de soi.). En effet, Jésus parti, la fraternité qu’il nous commande postule entre nous le respect d’une dignité égale de chacun et de chacune, et donc vise à instaurer aussi une capacité de proclamer l’Évangile, de partager avec l’assemblée ses questions, interprétations et réactions. Dans cette perspective, il y a lieu de s’inscrire en faux contre toute forme de «  cléricalisme  » qui monopoliserait au profit d’une caste d’experts la prise de parole dans l’assemblée et réduirait la plupart au mutisme ou à des réponses brèves et stéréotypées… Ces paroles de Jésus seront à prendre en compte dans la liturgie tout autant que dans l’organisation communautaire  : Pour vous, ne vous faites pas appeler «  maître  », car vous n’avez qu’un seul maître et vous êtes tous frères. N’appelez personne sur la terre votre «  père  »  : car vous n’en avez qu’un seul, le Père céleste. Ne vous faites pas non plus appeler «  docteurs  »  : car vous n’avez qu’un seul docteur, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur  ; quiconque s’élèvera sera abaissé, et quiconque s’abaissera sera élevé  » (Mt 23,8-12). Aucune responsabilité «  ministérielle  » ne prévaudra jamais sur cette injonction de Jésus, et toute manière de la «  tourner  » sous des déclarations empreintes de soi-disant «  humilité  » devra être dénoncée comme contraire à l’Évangile.

    B. La dernière Cène  : ce que Jésus a fait ce soir-là 

    Nous ne pouvons espérer atteindre un compte rendu exact de «  ce qui s’est réellement passé ce soir-là  ». Ce qui suit s’appuie sur le consensus auquel aboutissent actuellement les travaux des exégètes, avec la part d’incertitude qui subsistera toujours.

    1. Jésus se situe dans le prolongement des pratiques juives de son temps. Conformément à l'usage, il dit un «  bénédicité  », au début et à la fin du repas. C'est une bénédiction, on «  dit du bien  » de Dieu (voir Mt 26,26 et Mc 14,22); c'est une «  eucharistie  », un merci solennel (ou action de grâces) (Lc 22, 17 et 19 et 1 Co 11,24) pour ce que Dieu a fait et continue de faire.

    Le déroulement de ce repas-là, pris avec ses disciples la veille de sa mort, le rend unique et fondamental ; Paul va d'ailleurs l'appeler «  le repas du Seigneur  » (1 Co 11,20).

    2. Dans le contexte, souligné par Paul, («  La nuit où il fut livré  » 1 Co 11, 23), Jésus complète la bénédiction classique par un geste symbolique à la façon des prophètes : ce geste de partager le pain et le vin donne le sens de ce qu'il va vivre, sens que, de son côté, Jean met dans sa bouche : «  On va me prendre la vie mais, en réalité, personne ne me la prend, c'est moi qui la donne  » (Jn 10,18), et cela, je le fais «  pour vous  » (1 Co 11,24) ; parce que «  vous êtes mes amis  » , et qu'  «  il n' y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis  » (Jn 15,13-14). Jésus leur donne «  à manger  » le pain symbolisant son corps, rompu pour le salut de la multitude. Le corps de quelqu'un, chez les Hébreux, c'est lui-même, nous dirions sa personne. Son sang, c'est sa vie.

    3. Les premières communautés ont désigné ce geste de Jésus comme «  la fraction du pain  » (Lc 24, 35 ; Ac 2,42) : c'est un des «  lieux  » ou des moments qui permettent aux yeux des disciples d'Emmaüs de s'ouvrir (Lc 24, 30-31), et à nous-mêmes, à leur suite, de faire l'expérience que nous reconnaissons sa présence, non pas enfouie dans la matière du pain, mais à travers l'action même de reproduire les gestes et de prononcer les paroles de Jésus. Il ne s'agit pas seulement de prendre un repas ensemble, même liturgique, mais d'accomplir des gestes successifs sans cesse rappelés : bénir, rompre, partager.

    4. Paul donne un sens manifeste au «  pour nous  » : «  puisqu'il n'y a qu'un pain, nous ne formons qu'un seul corps  »  dans le Christ (1 Co 10, 17), ce qui, à ses yeux, entraîne la solidarité avec " ceux qui n'ont rien  », faute de quoi nous «  méprisons l'Eglise de Dieu  » et «  ce n'est plus le Repas du Seigneur que (nous) prenons  »(1 Co 11, 20-22). Quant à Jean, il n'insère pas dans son évangile le récit de l'institution (d'ailleurs connu de tous à l'époque), mais raconte le lavement des pieds et met en valeur l'humble service fraternel (1Jn 13,1-5). Le geste eucharistique de Jésus implique le service et l'amour mutuel.

    5. La deuxième bénédiction, sur le vin (une boisson de fête !), «  Buvez tous de cette (même) coupe  », reçoit aussi sa signification nouvelle : c'est, comme la première, une nouvelle alliance scellée par le sang. Le livre de l'Exode raconte comment, après avoir reçu de Moïse les dix Paroles (ou commandements de Dieu), en signe d’Alliance avec lui, Aaron et les prêtres hébreux aspergent l’autel et le peuple du sang des animaux immolés (Ex 24, 5-8). La symbolique du vin partagé est double, comme celle du pain  : la vie donnée librement, et la communion de vie qui en résulte.

    C. Nos eucharisties  : «  Faites ceci en "mémorial" de moi

    1. Dans le climat créé par la foi en la résurrection, les premières communautés vivent leurs assemblées comme «  le Repas du Seigneur  », où celui qui reçoit à sa table est toujours le même Jésus, désormais vainqueur de la mort.  «  Tout en évoquant d’emblée le rite sacramentel, la seconde dénomination de cette assemblée liturgique : la fraction du pain, souligne l'aspect de partage dans l'unité, qui caractérise la célébration chrétienne  ».

    2. En le faisant, leurs yeux continuent de s'ouvrir (voir Lc 24, 31), ils font l'expérience que «  l'ancien monde s'en est allé  » (2 Co 5, 17), qu'un nouveau monde s'inaugure, celui où la mort n'a plus le dernier mot, celui où une communion fraternelle est possible - c'est le «  voyez comme ils s'aiment  » («  ils n'avaient qu'un seul cœur...   », Ac 4, 32), et cela, dans la mesure où ils se laissent transformer, par le partage, sous l'action de l'Esprit, en «  un seul corps  » (1 Co 10, 17)

    Les premiers disciples fréquentent le Temple (voir Ac 5, 12), mais c'est pour participer à la prière. Ils ne prennent plus part aux sacrifices rituels, ce qui deviendrait un non-sens pour eux. Ils vont aussi au temple, comme Jésus le faisait, pour annoncer la Bonne Nouvelle : «  Ce Jésus que vous avez crucifié, Dieu l'a ressuscité  » (Ac 2, 23-24), et ils célèbrent, dans leurs maisons particulières (Ac 2, 46), leur culte «  en esprit et en vérité  » (Jn 4, 23-24).

    3. Ce qui se célèbre, c'est donc l'actualité d'un monde possible parce qu'il est déjà donné, enraciné dans ce don que Jésus a fait «  une fois pour toutes  » (Hb 7, 27 et 9, 12) et que le «  mémorial  » cultuel représente. Il le représente non seulement en reproduisant les paroles et les gestes de Jésus, mais en actualisant son action transformatrice. Le mémorial n'est pas l'évocation d'un souvenir du passé, il est le surgissement actuel de ce passé dans notre présent, il le fait accéder à la surface de l'actualité dont il est en fait le sens permanent. Dans la célébration, Jésus est présent à notre présent parce qu'il y est agissant.

    4. L'ensemble des gestes et des paroles qui sont dites à ce moment de la célébration poursuivent ce seul but, si riche dans sa simplicité : nous enraciner personnellement et tous ensemble dans les attitudes que les gestes et les mots induisent, faire de nous un seul corps dans la conscience que cela nous est «  donné  », dans une attitude de bénédiction, de gratitude. Reconnaissance, parce que dans l'acte par lequel Jésus s'est librement exposé à livrer sa vie, se manifeste le «  don  » où Dieu se révèle comme amour de sa création. C'est ce qu'a bien compris Jean : «  L'amour vient de Dieu, et celui qui aime est né de Dieu et connaît Dieu  » (Jn 4, 7).

    Nous pouvons, pour conclure, rejoindre la préface de Xavier Léon-Dufour. Il n'a pas utilisé l'expression «  pain de vie  », mais «  le pain de la vie  ». Le pain est, dans la Bible, la nourriture essentielle de l'être humain, et la vie comporte un «  je ne sais quoi qui dépasse l'homme et dépend de Dieu  ». En fait, dans le langage biblique, il s'agit de la vie que la mort ne peut atteindre, la vie divine. Et le pain qui nourrit cette vie-là est unique lui aussi.

         Chapitre 2. Tradition et déviations.
        Quelques problématiques
          :

    Au fil du temps, la compréhension du sens des célébrations eucharistiques a évolué: il y eut des progrès, mais aussi des déviations. Citons quelques problématiques et déviations qui ont laissé des traces jusqu’à nos jours  :

    - présence réelle et transsubstantiation
    - la notion de sacrifice  : l ‘eucharistie est-elle un sacrifice  ?
    - la présidence de l’eucharistie. Une célébration eucharistique sans prêtre  ?

    A. Présence réelle et transsubstantiation :

    On a rappelé plus haut que Jésus a donné un sens nouveau à un rite ancien.  «  En référence à sa mort violente imminente, il a fait du pain rompu et du vin rouge sang des signes prophétiques, qui, en cet instant, symbolisent très profondément ce qu’il a été, ce qu’il a fait, et ce qui l’attend: le sacrifice, le don de sa vie. Comme ce pain, son corps sera rompu; comme ce vin, son sang sera versé.  »

    Jésus était physiquement présent lors du dernier repas pris avec ses disciples. Après sa résurrection, c’est Jésus Fils de Dieu qui est présent, cette fois en Esprit, N’avait-il pas dit:  «  Là où plusieurs d’entre vous seront réunis en mon nom, je serai présent parmi vous.  » (Mt, 18,20) Le pain rompu et la coupe de vin symbolisent cette présence en Esprit, laquelle est bien réelle.

    Lors du choc culturel des invasions barbares, il se produisit une perte du sens du réalisme symbolique. Alors que pour les évangélistes et leurs lecteurs, «  Les symboles sont leur univers de pensée.  », les paroles «  ceci est mon corps  » et «  ceci est mon sang  » sont prises au sens littéral, physique.

    Pour «  expliquer  » cette transformation, Thomas d’Aquin et ensuite les néoscolastiques ont fait appel à la philosophie d’Aristote, en particulier, aux concepts de substance et accident: la substance du corps et la substance du sang du Christ seraient réellement transformés en son corps et en son sang, les accidents ou espèces demeurant tels quels.

    Cette théorie thomiste et néo-thomiste n’a plus aucun crédit à l’heure actuelle, mais l’Église officielle semble encore s’y référer.

    Pour nous modernes, il nous est impossible d’admettre que le pain soit transformé en corps physique du Seigneur et le vin en son sang. Nous savons que Dieu n’intervient pas dans les lois de l’univers. Une telle transformation ne fait pas partie du «  croyable disponible  » (Ricœur) de notre époque.

    L’adoration de l’hostie, et même l’élévation de celle-ci après la  «  consécration  » sont des traces liées à la croyance en la transsubstantiation. Ce qui est grave, c’est que, pour des hommes ou femmes du XXIe siècle, ceci relève d’une mentalité magique. En maintenant de telles croyances et de telles pratiques, le catholicisme risque de perdre toute crédibilité.

    B. L’eucharistie, un sacrifice  ?

    Le langage traditionnel use surabondamment du mot sacrifice pour désigner l’eucharistie: on parlera de «  sacrifice de la messe  » ou de «  saint sacrifice de la messe  ». Quand nous essayons de comprendre le sens de ce que Jésus a fait à la dernière cène et que nous refaisons à sa suite, cela a-t-il un sens de parler ainsi ?

    Le langage met sous le mot sacrifice des choses très différentes, notamment:

    * Faire un ou des sacrifices: se priver volontairement de quelque chose, renoncer à quelque chose en vue d’une fin.
    * Donner/ sacrifier sa vie pour une cause.

    Au sens précis que donne l’histoire des religions, et c’est évidemment ce sens religieux qui nous intéresse, le sacrifice est une offrande rituelle à la divinité comportant la mise à mort d’un être vivant. Comme l’a fait remarquer Bergson, «  le sacrifice est sans doute, d’abord une offrande destinée à acheter la faveur du dieu ou à détourner sa colère  »

    Par conséquent: un don (cadeau, offrande) n’est pas un sacrifice. Un «  repas de communion  » pour lequel on immole un agneau n’est pas un sacrifice. La bénédiction juive sur le pain rompu et partagé et sur la coupe lors des repas fraternels n’est pas un sacrifice.

    Comme nous l’avons vu précédemment, l’eucharistie est essentiellement une action de grâce et la célébration de la Nouvelle Alliance: elle n’est donc pas un sacrifice au sens religieux du terme.

    Dans les textes du Nouveau Testament qui concernent l’eucharistie, il n’est pas question de sacrifice:

    1) Les récits de l’institution de l’eucharistie sont situés, soit dans le contexte de la passion proche (chez Mt, Mc et Lc), soit dans celui de la pratique des communautés (dans 1 Co 10 et 11). Dans le cadre de la dernière cène (on discute pour savoir si c’est le repas pascal ou non), les gestes et les paroles de bénédiction de Jésus sur le pain et la coupe ne sont pas des gestes sacrificiels. Par le sens nouveau qu’il leur donne, il symbolise certes le don de sa vie mais ne le définit pas comme un sacrifice rituel.
    Dans le cadre de la pratique des communautés, il s’agit manifestement d’un moment de communion avec le Ressuscité, vécu dans l’allégresse (Ac 2,46). Il n’y a là aucune évocation sacrificielle.
    2) Dans les autres textes du Nouveau Testament où il est fait allusion à l’eucharistie (dans les Actes, dans Jn 6 à un certain niveau de lecture), il n’est pas question de sacrifice au sens cultuel.

    Certes, il est question de sacrifice dans d’autres textes du NT, mais ces textes ne concernent jamais l’eucharistie :
    La lettre aux Hébreux interprète la mort de Jésus en termes de sacrifice «  offert une fois pour toutes  », non par le sang des boucs et des taureaux, mais «  par son propre sang  ». Ici, il n’est pas question de l’eucharistie, mais de la mort de Jésus. Ce n’est qu’après qu’on a rapproché les deux. De même, Ephésiens 5, 2 utilise la métaphore du sacrifice dans un contexte où l’auteur invite à suivre la voie de l’amour, à l’exemple du Christ qui nous a aimés et s’est livré pour nous.

    En tout état de cause, si Jésus a donné /sacrifié sa vie lors de sa passion, il ne s’agit pas d’un sacrifice au sens religieux du terme, d’un sacrifice au sens expiatoire, mais un don de sa vie entraîné par sa fidélité à sa mission.

    Une certaine idée de la «  rédemption  » selon laquelle Jésus se serait offert en sacrifice pour réparer par sa mort l’offense faite à Dieu par tous les péchés du monde, comme si le Père avait exigé la mort du Fils bien-aimé pour avoir «  satisfaction  », ne peut plus être acceptée par la théologie contemporaine. Dieu serait-il un être cruel voire sadique, au point que sa colère ne pourrait être apaisée que par le sang de son propre Fils  ?

    Les autres textes du Nouveau Testament où il est question de sacrifice désignent soit des rites païens ou juifs, soit des attitudes intérieures d’offrande de soi, dans la ligne de la critique des prophètes «  ce que je veux c’est la miséricorde et non les sacrifices  » (Mt 19,13) et «  vous êtes édifiés en maison spirituelle, pour constituer une sainte communauté sacerdotale, pour offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus-Christ  » (1 P 2, 5). Le langage est rituel, mais le contexte montre qu’il concerne la conduite éthique des adhérents. Il ne s’agit aucunement du rituel du sacrifice religieux.

    En conclusion:

    * L’eucharistie n’est pas un sacrifice au sens religieux et rituel du terme.
    * Le don par Jésus-Christ de sa vie peut être qualifié de sacrifice au sens non religieux du terme; mais sa ritualisation par Jésus sous forme d’un geste de partage du pain et du vin, diffère radicalement d’une symbolique sacrificielle.

    C’est pourquoi, étant donné les dérives auxquelles expose l’expression «  (saint) sacrifice de la messe  », cette façon de désigner la célébration eucharistique est à proscrire.

    C. La présidence de l'eucharistie. Une célébration eucharistique sans prêtre?

    Dans l’organisation actuelle de l’Église catholique romaine, seuls les prêtres et les évêques sont autorisés à présider les célébrations eucharistiques. En vertu du «  sacerdoce  » qui leur a été conféré par l’ordination, ils sont considérés comme les seuls pouvant «  consacrer validement  » le pain et le vin. En outre, au sein de l’église latine, ce sacerdoce est réservé aux seuls célibataires de sexe masculin.

    Ces dispositions de «  l’Église officielle  » sont-elles fondées théologiquement? Qu’en est-il aussi des pratiques actuelles de la Paroisse Libre?

    Pour répondre à cette double interrogation, il nous faudra remonter aux origines. Certes, il ne s'agit pas de reproduire purement et simplement les pratiques des premières communautés ; il faut prendre en compte aussi les évolutions historiques, la tradition. En tenant compte toutefois que «  le Nouveau Testament n'autorise pas n'importe quelle évolution: il y a des évolutions historiques erronées et des régressions.  »

    1. La présidence des eucharisties durant les temps apostoliques

    Après Pâques, sous l'expérience de la résurrection et de l'Esprit, les disciples ont cru définitivement que Jésus était vraiment le messie attendu. L'Église «  la communauté de ceux qui se sont engagés pour la personne et la cause de Jésus-Christ et qui en témoignent comme espérance pour tous les hommes  » était née, et progressivement une nouvelle religion, le Christianisme, se met en place.

    Les religions antérieures au christianisme comportaient une caste sacerdotale ayant pour fonction de servir d'intermédiaire entre le peuple et le ou les dieux; les prêtres avaient en charge le sacré. Il en était de même dans la religion juive: le Temple relevait des prêtres, placés sous l'autorité du Grand prêtre et du Sanhédrin.

    Avec le christianisme, Jésus-Christ est le seul médiateur entre Dieu son Père et l'humanité : Jésus est le seul prêtre, le Grand Prêtre de la nouvelle alliance, le «  représentant  » du peuple devant Dieu son Père et de Dieu son Père devant le peuple. «  Le chrétien qui croit et qui est baptisé n'a plus besoin d'aucun médiateur humain pour trouver la communion avec Dieu dans le Christ et pour conserver cette communion. Tout croyant, en tant que membre de la communauté, mais aussi en tant qu'homme parmi les autres et pour les autres, se trouve, vis-à-vis de Dieu, dans une immédiateté définitive que, même au sein de la communauté, aucun homme ne peut lui ravir, et qu'aucune autorité humaine ni même ecclésiastique ne peut interrompre !  »  Il s'agit là, dans l'histoire des religions, d'une nouveauté inouïe, unique, introduite par le Christianisme.

    Après la résurrection, se souvenant du «  faites ceci en mémoire de moi  »  Lc.22, 19) de Jésus lors de la dernière Cène, les chrétiens se sont réunis «  dans l'allégresse, pour célébrer le Repas du Seigneur  » (Actes 2, 46). Pour les apôtres qui avaient été présents à la dernière Cène, il allait de soi que l'invitation du Seigneur s'adressait à tous.

    En prenant tous et toutes une part active à ces repas de souvenir, d'action de grâces et d'alliance; en étant tous et toutes, acteurs des célébrations eucharistiques, ils ont pris conscience de la dimension sacerdotale de la communauté de ceux qui croient en Jésus-Christ, conscience qu'ils sont «  la race élue, la communauté sacerdotale du roi, la nation sainte que Dieu s'est acquis...  » (1 Pierre 2, 9 et 10). Ce que l'on a appelé «  le sacerdoce universel des fidèles  ».

    Qu'en est-il de la présidence de ces eucharisties? Comment étaient désignés ou choisis les présidents des célébrations eucharistiques? Sur ce point, le Nouveau Testament ne fournit aucune réponse précise. Ceci montre à tout le moins qu'il ne s'agit pas pour les auteurs d'une question prioritaire.

    Par ailleurs, «  de l'avis commun des exégètes, il est hautement invraisemblable que toutes les eucharisties des premières communautés aient eu pour président un ministre ayant eu l'ordination par imposition des mains. Il est aussi peu vraisemblable que cette présidence ait été exercée par n'importe quel membre de la communauté : il devait être désigné de quelque façon.  »

    Pour ce qu’on en sait, au début les communautés se réunissaient dans des maisons privées. Ce n'est que plus tard que les réunions ont eu lieu dans de grands locaux adaptés (les basiliques !). Au début, ce sont vraisemblablement les maîtres de maison, éventuellement les maîtresses de maison (des veuves  ?) qui présidaient ces repas.

    Très tôt cependant, la nécessité s'est fait sentir, de créer des premières structures d'organisation. Au départ, les Douze (les Onze avaient fait appel à Barnabé pour remplacer Judas.). Assez tôt, le cercle des Sept, avec Etienne, qui regroupait les judéo-chrétiens parlant le grec. Quelques autres, également appelés apôtres, qui, au titre de premiers témoins annonçaient le message du Christ, fondaient et dirigeaient des communautés. Il y avait en outre des prophètes et des prophétesses, des évangélistes et des collaborateurs en tout genre, hommes et femmes.

    Cependant, cette répartition des tâches ne supprimait pas la conscience de constituer une communauté égalitaire, où l'Esprit distribuait ses dons divers - les charismes - pour la vitalité du corps entier.

    2. Les déviations postérieures.

    Par rapport à l'esprit des origines, de nombreuses déviations sont apparues au fil des siècles. Nous avons déjà rappelé la conception très matérialiste de la «  présence réelle  », exprimée par la théorie de la transsubstantiation, et la célébration eucharistique considérée comme un sacrifice au sens religieux du terme.

    Une importante source de déviations a été l'application des catégories du sacré et du sacerdoce aux responsables des communautés. Alors que les premiers chrétiens, pour désigner les fonctions de direction des communautés, évitaient soigneusement toute confusion avec le sacerdoce du Temple et celui des cultes païens, dès le IIIe siècle, ces rôles se sont trouvés «  sacerdotalisés  » c'est-à-dire revêtus des attributs et du caractère des ministres des autres cultes de l'époque. Une dimension essentielle de la nouveauté chrétienne, l'unicité de la médiation du Christ, se trouvait ainsi voilée et finalement oblitérée.

    Il faudra attendre Vatican II pour que soit remis en lumière le sacerdoce universel du Peuple de Dieu. «  Le Seigneur Jésus que le Père a sanctifié et envoyé dans le monde  » (Jn 10,36) fait participer tout son Corps mystique à l'onction de l'Esprit qu'il a reçue : en lui tous les chrétiens deviennent «  un sacerdoce saint et royal.  » (Vatican II, Décret sur le ministère et la vie des prêtres, n°2). Rome n'en a pas jusqu'ici tiré les conséquences.

    Autre source de déviation: la concentration du rôle du prêtre sur le «  pouvoir de consacrer  »  le pain et le vin. Cette dérive est en quelque sorte la résultante du «  matérialisme eucharistique  » et de la sacralisation du prêtre dont nous avons parlé.

    D'une façon générale, la compréhension des sacrements a été handicapée par l'imprégnation exagérée des catégories juridiques : compétence, conditions de validité, de licéité, qui ne conviennent guère pour rendre compte de réalités symboliques.

    . Conclusion: Faut-il un prêtre pour qu'il y ait eucharistie ?

    Il nous semble que nous ne pouvons mieux faire ici que de citer Gérard Fourez:

    " Qu'est-ce qui fait qu'il y a une Eucharistie? Est-ce la présence du prêtre ou l'existence d'une communauté qui, à la suite de Jésus, dit:  «  voici ma vie que je donne  »? Ce ne sont pas les paroles de la consécration qui font qu'il y a Eucharistie et que Dieu est présent. C'est l'engagement de la communauté suscité par l'Esprit et par l'Évangile. C'est ainsi que, quand une communauté se réunit pour faire mémoire - en paroles et en actions – de la bonne nouvelle en Jésus-Christ, elle célèbre l'Eucharistie, qu'un prêtre ordonné soit présent ou pas. De plus, en agissant ainsi, les individus rassemblés deviennent une communauté d'Eglise, Corps du Christ.

    Cela ne veut pas dire qu'il ne faille pas des ministres (des serviteurs) de la communauté, pour la réunir, pour parler en son nom, pour proclamer le pardon de Dieu, pour dénoncer en son nom les injustices, pour accueillir en son nom de nouveaux membres, pour animer des réunions et des célébrations, etc. L'important, c'est que la communauté soit vivante et libératrice. Le rôle d'un prêtre, c'est de rendre cela possible; mais sans prêtre, une communauté peut aussi être vivante et libératrice. Ce fut un des grands apports du Concile de restaurer la primauté de la communauté ecclésiale par rapport à ses ministres.  »

    Il est normal aussi que l'Église, comme organisation, dicte des règles pour que le choix des animateurs de communautés se porte sur des personnes qualifiées.

    Comment situer dans ce cadre les pratiques actuelles de la Paroisse Libre ? Sur le plan de la fidélité à la tradition, nous nous sentons tout à fait en phase avec les premières communautés chrétiennes, c'est-à-dire avec la perspective et les pratiques néotestamentaires.

    Par contre, non sans une longue réflexion, nous avons décidé de transgresser certaines des prescriptions actuelles, qui pour nous faisaient obstacle à une pratique vivante de l'eucharistie et correspondent à une théologie dépassée. Le moment d'histoire qui nous est donné à vivre légitime de telles transgressions. "

     

        Chapitre 3  : L’eucharistie et la prière

    Dieu est à l’initiative de toute démarche, Il nous précède dans la prière, sa Parole nous devance dans toute l’histoire de l’humanité. Depuis la nuit des temps, l’être humain est ouvert à une forme de transcendance. Les psaumes nous montrent comment l’homme et la femme s’adressent à Dieu.

    La prière est une dimension et un registre d’expression qui ont leur place dans le judéo-christianisme. Elle tend vers une relation avec un Dieu d’Alliance, déjà Moïse conversait avec Dieu «  le Seigneur parlait à Moïse, face à face, comme on se parle d’homme à homme  » (Exode 33 11).

    Prier, disait Thérèse d’Avila, c’est  :  «  un commerce d’amitié avec Celui dont on se sait aimé».
    La prière chrétienne se vérifie et se traduit dans la vie par l’amour et le souci du prochain.
    Prier, c’est un moment où le temps change de dimension.
    Prier, c’est prendre conscience du réel qui nous échappe.
    Prier, c’est réaliser que l’on a déjà tout reçu.
    Prier peut devenir pour quelqu’un comme le rythme de sa respiration, comme le rythme de sa vie.
     

    Quelle est la place de la prière dans l’Eucharistie  ?

    Dans l’Eucharistie, la prière est essentiellement collective, les Actes des Apôtres nous rapportent comment vivaient et se comportaient les premières communautés chrétiennes  («  ils étaient assidus … à la fraction du pain et aux prières  » Actes II, 42).

    Chaque individu se positionne, chaque personne se joint à l’autre pour faire partie, au sein d’une même assemblée, de la grande famille qu’est l’Église, peuple de Dieu.

    Cette prière se développe sur différents registres  : la louange, l’action de grâce et la demande … par ex. la «  préface  », le «  Notre Père  », l’épiclèse etc.…

    Nos intentions de prière sont un moment privilégié pour nous mettre, avec nos sœurs et frères, en présence de Dieu afin de lui recommander ce qui nous tient à cœur.

    C’est un moment où nous lui disons que nous ne pouvons pas tout faire par nous-mêmes, que nous avons besoin de son Esprit  !

    Comme cela ne va pas de soi, naît une demande qui nous engage  :

    «  Nous nous souvenons devant toi de …  »
    «  Merci, Seigneur pour …  »
    «  Seigneur, toi qui …  »

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        Annexes. Pour nous aider en pratique

    A. Canevas de célébrations 

    Le premier chapitre a exposé, sur base des écrits évangéliques et de St. Paul, le récit de «  ce que Jésus a fait ce soir-là  », tel que le travail des exégètes permet de le reconstituer. En réalité, nous ne pouvons espérer disposer d’un compte-rendu exact de ce qui s’est réellement passé. En effet, très tôt les premières communautés se sont adaptées à des circonstances nouvelles. En particulier, elles ont regroupé les deux bénédictions, sur le pain et la coupe, originairement séparées par le repas, et elles ont dissocié le «  Repas du Seigneur  » des repas ordinaires.

    Depuis deux mille ans, ces adaptations de la pratique eucharistique aux temps et aux lieux n’ont jamais cessé. L’histoire montre que les formes des derniers siècles ont été figées sur la base d’une pratique médiévale assez dégénérée. Vatican II a essayé de ramener les choses à l’essentiel, mais en gardant le modèle figé hérité du passé.

    On formule ici cet essentiel sur la base du travail de Vatican II, mais en disant le sens de chaque moment dans un langage moins figé, et en tenant compte également de la pratique actuelle de la Paroisse Libre.

    L’entrée en célébration

    Ou  : comment passer du quotidien au temps de la célébration et se disposer à écouter la Parole.

    Ce moment comporte essentiellement  deux éléments :

    * un mot d’accueil (salutation par le président, accueil mutuel)
    * une invitation à la prière (ou au silence intérieur qui dispose à l’écoute et qui «  laisse l’Esprit prier en nous  »)

    On peut utiliser divers autres moyens  :

    un chant d’entrée
    un moment musical
    une première prière («  oraison  »)
    La Parole entendue et partagée  Ou  : comment le passé éclaire et nourrit notre présent  :

    Ce moment comporte essentiellement  deux temps :

    * un moment d’écoute  : deux ou éventuellement trois lectures  : une du Premier Testament, éventuellement en alternance avec un passage d’une Epître ou des Actes ou de l’Apocalypse, et une lecture d’Évangile  ; N.B. Souvent une brève introduction aux lectures est utile pour situer le texte et/ou aider à la comprendre

    * un temps d’actualisation de la Parole entendue.  Cette actualisation peut se faire sous diverses formes  :

    * un temps méditatif entre les lectures ou après, pour laisser résonner la Parole en nous (psaume, intermède musical, temps d’intériorisation, temps de silence…)

    * une acclamation avant la lecture d’Évangile (alléluia)  ;
    * plus important  : un partage de la Parole, homélie, partage en petits groupes ;
    * un geste d’entraide («  collecte  »)  ;
    * un partage d’intentions de prière.

    1. Le partage du Pain et de la Coupe

    Ou  : la fraternité du partage de la parole manifeste son enracinement dans le don que Jésus fait de sa vie, dans un cadre joyeux de «  bénédiction  »  :
    * d’abord la préparation du pain et du vin,   moment de transition pratique (plutôt que  «  offertoire  »)  ;
    * puis la Grande Prière eucharistique  : tout entière sous le signe de l’action de grâces  ; elle comporte trois ingrédients  dont l’ordre peut varier :

    elle rend grâces pour ce que Dieu donne, et pour Jésus Christ  : c’est la «  pré-face  » (à traduire par «  pro-clamation  »), mais aussi la «  doxologie  » (ou formule qui «  rend gloire à Dieu  ») qui clôture la Grande Prière («  par Lui, avec Lui et en Lui…  »).
    elle rappelle ce que Jésus a fait et dit lors de la «  dernière cène  » lorsqu’il a partagé le pain et la coupe  : c’est l’anamnèse ou mémorial, le plus souvent sous la forme d’un court récit («  paroles de l’institution  »).
    elle suppose un climat de prière, demandant que par l’action de l’Esprit, nos gestes rituels soient pleins de sens, et que ce soit une action vitale qui «  agisse  » en nous  : c’est l’épiclèse (ou invocation à l’Esprit).Elle peut donc avoir deux formes  : «  que ce pain et ce vin soient vraiment pour nous communion avec Jésus  » = épiclèse sur le pain et le vin  ; et «  que par l’Esprit nous formions un seul corps  » = épiclèse sur l’assemblée

    * une longue tradition place à ce moment la récitation du Notre Père et un geste de partage de paix  : la communion exprimée avant la communion symbolisée.

    * enfin la communion symbolisée en sa source, par la communion au Pain et à la Coupe  : «  devenons ce que nous recevons  ».

    À la Paroisse Libre, nous communions aussitôt après le rappel de l’invitation de Jésus  : «  Prenez, mangez, prenez, buvez  ») et le Notre Père est comme un écho sous forme de prière de la communion symbolisée dans le partage du Pain et de la Coupe.

    L’Envoi   Ou  : Nous sommes envoyés en mission avec un mot d’encouragement et/ou une bénédiction.

    C’est souvent là aussi que viennent les dernières informations à l’assemblée.