L'Eucharistie à la Paroisse libre

Theologie et célébration


Paroisse Libre de Bruxelles

Nous voudrions ici rendre hommage à Louis FEVRE qui a mis toutes ses connaissances, son esprit critique et son cœur pour nous aider à réaliser cette brochure. Il nous a accompagnés tant que ses forces le lui ont permis.
Sus
anne DAWS   Jean GONDRY   Thierry SNOY   Paul TIHON   Marie-Christine TERLINDEN-SNOY


Table des matières

    Introduction  :

    A. Pourquoi avons-nous pris des libertés par rapport à la liturgie officielle…

    B. Comment évaluer nos célébrations  eucharistiques ?

    Chapitre 1. Le sens de l’eucharistie  :

    A. La liturgie de la Parole  : l’Évangile proclamé et partagé

    B. La dernière Cène  : Ce que Jésus a fait ce soir-là

    C. «  Faites ceci en mémorial de moi  »

    Chapitre 2. Tradition et déviations. Quelques problématiques  :

    A. Présence réelle et transsubstantiation

    B. L’eucharistie est-elle un sacrifice  ?

    C. La présidence de l’eucharistie

    Chapitre 3. L’eucharistie et la prière
    Annexes  : Pour nous aider en pratique  :

    A. Canevas des célébrations

    B. Un questionnaire pour évaluer

    C. Un schéma-type pour préparer

    Editeur responsable  : Jean Gondry, av. G. Demey, 141/3, 1160 Bruxelles


    Introduction  :

    Lors de la journée annuelle de la Paroisse Libre, au Bon Pasteur, le 3 juin 2007, suite à une suggestion faite l'année précédente par Pierre de Locht, l'assemblée générale a décidé de procéder à une évaluation de nos eucharisties, et elle a mandaté un groupe de réflexion chargé de préparer cette évaluation. Le présent document est l'œuvre de ce groupe.

    A. Pourquoi avons-nous pris des libertés par rapport à la liturgie officielle  ?

    Les personnes qui connaissent la Paroisse Libre savent que lors des eucharisties nous prenons un certain nombre de libertés par rapport à la liturgie officielle. Certaines sont mineures et sont pratiquées assez couramment. D’autres sont plus importantes  : ainsi le fait de confier la préparation des célébrations et leur déroulement - y compris pour la «  grande prière eucharistique  » avec le récit de l’institution de l’eucharistie - à des groupes où les membres se répartissent les rôles, qu’il y ait ou non un prêtre parmi eux.

    Ces pratiques, nous sommes bien conscients qu’il s’agit de «  transgressions  » par rapport à la discipline actuelle, mais elles ont été dûment pesées et réfléchies. Elles n’ont été décidées qu’au terme d’un long cheminement qui a connu plusieurs étapes, où nous avons tenu compte de la lenteur de l’évolution des sensibilités en la matière, et où l’avis de chacun a été pris en compte et respecté. Plus d’une fois les décisions ont fait l’objet d’un vote où s’est exprimée la quasi-unanimité en faveur du choix adopté.

    Plusieurs motifs nous ont inspirés. Tout d’abord la conviction qu’on ne peut progresser dans la recherche d’une forme de célébration plus réellement nourrissante pour la foi et la communion sans prendre la liberté d’essayer de nouvelles pratiques, avec ce que cela comporte comme essais et erreurs. Vu le fonctionnement très centralisé de notre Église, spécialement en cette matière, nous ne pouvons nous aventurer en dehors des règles qu’en nous autorisant de la liberté chrétienne, tout en étant guidés par un souci de plus grande fidélité à l’Évangile.

    Ensuite, il nous paraît indispensable que tous les croyants qui se réunissent pour faire mémoire de Jésus-Christ puissent être là comme célébrant ensemble et non comme consommateurs, sur la base de leur baptême qui les rend égaux. Dès lors, il nous a fallu surmonter le modèle clérical dans lequel l’essentiel de la célébration était porté par le prêtre, personnage sacralisé ayant le monopole d’un «  pouvoir  » conçu de façon juridique entraînant la «  validité  » du rite sur un mode quasi magique. Nous y avons été aidés du fait que les prêtres de la communauté ont clairement pris une position «  prophétique  », en refusant délibérément d’assumer un rôle de leader.

    En même temps, nous avons toujours été conscients qu’il fallait éviter le piège d’une certaine anarchie et le risque de prise de pouvoir abusive, toujours présent dans les groupes. Nous le savons, les assemblées de disciples de Jésus ont toujours été structurées, soucieuses de manifester que leur origine était dans l’initiative de Jésus et pas la leur, et exprimant cela par une répartition des rôles, sur base des charismes donnés par l’Esprit. C’est pourquoi aucune décision n’a été laissée à l’arbitraire d’un membre ou d’un sous-groupe «  animateur  », mais délibérée et prise en assemblée.

    Cela dit, nous sommes loin de prétendre que notre pratique liturgique est exemplaire, même si elle montre sa fécondité pour les membres. Elle ne manque pas de bénéficier d’évaluations régulières, ainsi que de l’avis de personnes ayant en cette matière une compétence particulière.

    B. Comment évaluer nos célébrations eucharistiques  ?

    De manière générale, évaluer une action, c'est vérifier dans quelle mesure elle réalise effectivement le but qui lui a été assigné. Ceci en vue de proposer les améliorations ou aménagements éventuellement nécessaires. Evaluer une action suppose donc au préalable, que le but de cette action ait été bien défini. Dans le cas présent, pour le dire familièrement: les messes, à quoi ça sert?

    Comme nous le savons, nos liturgies eucharistiques trouvent leur origine dans le repas que Jésus a partagé avec ses disciples à la veille de sa mort. Au moment du traditionnel bénédicité, en partageant le pain selon le rite juif habituel, il a eu ces mots étranges: «  Ce pain que vous partagez, c'est ma vie livrée pour vous  ». Et puis, au moment où l'habitude prévoyait une autre bénédiction sur la coupe de vin, il a eu ces autres mots étranges: «  Buvez en tous, c'est une nouvelle alliance basée sur mon sang versé  ».

    Le récit de ce dernier repas nous a été fait par les évangiles de Marc, Mathieu et Luc; par Paul également, qui, comme Luc, a mis en outre dans la bouche de Jésus l'invitation à répéter ses gestes en sa mémoire. (1 Co 11 24-25).

    Depuis, c'est-à-dire depuis près de 2000 ans, les chrétiens n'ont cessé de faire mémoire de ce dernier repas de communion de Jésus avec ses disciples. Cette longue tradition a donné lieu à des avancées théologiques et liturgiques, mais aussi à des errements et des déviations.

    Si nous nous posons la question: quelle serait, de nos jours, le type de célébration eucharistique qui répondrait le mieux aux intentions de Jésus et au contexte de notre époque, il nous faut :

    * remonter à l'origine du christianisme c’est-à-dire l’ Evangile, aux textes des témoins et aux pratiques liturgiques des premières communautés.
    * interroger aussi la tradition de manière critique, préciser les critères permettant de distinguer les avancées des déviations

    Pour cette double démarche, nous sommes aidés par la théologie actuelle de l’eucharistie. Eclairée par l'exégèse, l'histoire, la sociologie et la phénoménologie des religions; guidée également par le «  sens de la foi du peuple de Dieu  », tenant compte aussi du «  croyable disponible  » (Ricœur) de notre époque, la théologie peut nous aider à mettre en lumière le sens de l'eucharistie pour nous aujourd'hui.

    Tel est l'objectif que nous nous sommes assigné modestement, en rassemblant, selon le plan qui suit, le résultat de nos réflexions et de nos recherches.

    L'évaluation proprement dite de nos célébrations eucharistiques relève de notre Assemblée Générale, à qui il revient notamment de choisir les questions qu'elle considère utiles comme aides à l’évaluation proprement dite. Nous avons cependant joint en annexe à notre travail théologique une série de questions retravaillées par Louis Fèvre, dans le but de faciliter la préparation et/ou l’évaluation des célébrations. C’est à chacun de choisir les questions qui l’aideront le mieux.

        Chapitre 1. Le sens de l’eucharistie  :

    A. La liturgie de la parole  : L’Évangile proclamé et partagé

    La liturgie de la parole qui précède l’eucharistie comporte deux dimensions constitutives  : l’une est l’écoute de ce qu’on a appelé «  la parole de Dieu  », l’autre, l’interprétation et l’appropriation aujourd’hui par les auditeurs croyants de cette même parole. Les deux dimensions s’articulent et ne peuvent être séparées.

    1) En célébrant notre foi ensemble, nous serons nécessairement amenés à reconnaître que nous ne le pouvons qu’en référence à une histoire et à des témoins qui nous ont précédés et nous ont transmis un message. Ce message, c’est essentiellement pour nous l’Évangile de Jésus Christ fils de Dieu (Mc 1,1), une bonne nouvelle qui nous est adressée et que nous avons en premier lieu à entendre et à accueillir comme telle. En ce qui concerne son contenu formel, la tradition qui a prévalu dans les communautés chrétiennes depuis l’origine affirme que la Bible, Premier et Nouveau Testament indissociablement, en contient la trace écrite authentique et en constitue le document autorisé par excellence («  canon  »). Lire, écouter et assimiler les paroles consignées dans la Bible, avant et de préférence à toute autre source, font partie intégrante de la liturgie chrétienne. Sans que cela exclue nécessairement le recours à d’autres sources qui y fassent écho. En ce qui concerne la portée spirituelle de l’Évangile, cela implique de notre part la réception et l’adhésion, au-delà des mots ou d’une doctrine, à une vérité qui nous vient d’un Autre que nous, à travers d’autres hommes et femmes qui y ont cru et en ont témoigné. Cette vérité, nous la faisons nôtre, mais nous la vivons d’abord comme une grâce qui nous surprend, qui nous retourne et nous libère de façon totalement inattendue et imméritée de notre part. La grâce et la vérité (cf. Jean 1,17), nous n’en sommes jamais les propriétaires. Nous avons à nous y ouvrir et y consentir sans cesse, à nous y convertir, nous n’en aurons jamais terminé. Car elles vont à l’encontre de nos tendances les plus ancrées (fermeture, volonté de posséder et de dominer), tout en rencontrant aussi nos aspirations les plus profondes au bonheur. Car c’est bien au bonheur que nous sommes invités, même s’il s’agit d’un bonheur qui traverse le malheur sous ses diverses formes  : Heureux, vous les pauvres  : le royaume de Dieu est à vous (Luc 6,20). Entendre proclamée par Jésus, puis par celles et ceux qui se réclament de lui la bonne nouvelle de Dieu, l’accomplissement de la venue de son royaume (Marc 1,14-15), nous laisser pénétrer par cette proclamation, voilà bien la première démarche à laquelle nous convie la liturgie de la parole.

    2) «  Entendre  » la parole de l’Autre à travers l’Évangile de Jésus Christ fils de Dieu nous entraîne à prendre aussitôt la parole, la nôtre à chacune ou chacun, à puiser dans la sienne la liberté dont il a fait preuve. Nous ne sommes nullement astreints à un rôle d’auditeurs passifs ou de réceptionnaires inertes. Jésus est l’homme qui a fait entendre les sourds et parler les muets. Comme l’ensemble de la vie, la liturgie de la parole sera pour nous le moment par excellence où, ayant entendu Jésus  nous dire  : Ouvre-toi, notre langue se déliera et nous proclamerons à notre tour la bonne nouvelle (Marc 7, 34-37) et la partagerons entre nous. Si l’on refuse que la lecture des textes bibliques ou autres se cantonne à un rituel morne et répétitif devant une assemblée réduite au silence, ce qui serait une trahison en fait de l’Évangile, il importe que nous, chacun et chacune, ayons, d’une façon ou d’une autre, notre mot à dire et en trouvions la possibilité. Sans qu’il y ait obligation de s’exprimer ni contrainte de se taire. La foi en la parole de l’Autre passe nécessairement par la foi en la parole de tous les autres qui nous entourent et elle doit s’actualiser justement dans la célébration. (C’est un atout de la Paroisse libre d’avoir mis cela en pratique, même si sa réalisation au jour le jour ne va pas de soi.). En effet, Jésus parti, la fraternité qu’il nous commande postule entre nous le respect d’une dignité égale de chacun et de chacune, et donc vise à instaurer aussi une capacité de proclamer l’Évangile, de partager avec l’assemblée ses questions, interprétations et réactions. Dans cette perspective, il y a lieu de s’inscrire en faux contre toute forme de «  cléricalisme  » qui monopoliserait au profit d’une caste d’experts la prise de parole dans l’assemblée et réduirait la plupart au mutisme ou à des réponses brèves et stéréotypées… Ces paroles de Jésus seront à prendre en compte dans la liturgie tout autant que dans l’organisation communautaire  : Pour vous, ne vous faites pas appeler «  maître  », car vous n’avez qu’un seul maître et vous êtes tous frères. N’appelez personne sur la terre votre «  père  »  : car vous n’en avez qu’un seul, le Père céleste. Ne vous faites pas non plus appeler «  docteurs  »  : car vous n’avez qu’un seul docteur, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur  ; quiconque s’élèvera sera abaissé, et quiconque s’abaissera sera élevé  » (Mt 23,8-12). Aucune responsabilité «  ministérielle  » ne prévaudra jamais sur cette injonction de Jésus, et toute manière de la «  tourner  » sous des déclarations empreintes de soi-disant «  humilité  » devra être dénoncée comme contraire à l’Évangile.

    B. La dernière Cène  : ce que Jésus a fait ce soir-là 

    Nous ne pouvons espérer atteindre un compte rendu exact de «  ce qui s’est réellement passé ce soir-là  ». Ce qui suit s’appuie sur le consensus auquel aboutissent actuellement les travaux des exégètes, avec la part d’incertitude qui subsistera toujours.

    1. Jésus se situe dans le prolongement des pratiques juives de son temps. Conformément à l'usage, il dit un «  bénédicité  », au début et à la fin du repas. C'est une bénédiction, on «  dit du bien  » de Dieu (voir Mt 26,26 et Mc 14,22); c'est une «  eucharistie  », un merci solennel (ou action de grâces) (Lc 22, 17 et 19 et 1 Co 11,24) pour ce que Dieu a fait et continue de faire.

    Le déroulement de ce repas-là, pris avec ses disciples la veille de sa mort, le rend unique et fondamental ; Paul va d'ailleurs l'appeler «  le repas du Seigneur  » (1 Co 11,20).

    2. Dans le contexte, souligné par Paul, («  La nuit où il fut livré  » 1 Co 11, 23), Jésus complète la bénédiction classique par un geste symbolique à la façon des prophètes : ce geste de partager le pain et le vin donne le sens de ce qu'il va vivre, sens que, de son côté, Jean met dans sa bouche : «  On va me prendre la vie mais, en réalité, personne ne me la prend, c'est moi qui la donne  » (Jn 10,18), et cela, je le fais «  pour vous  » (1 Co 11,24) ; parce que «  vous êtes mes amis  » , et qu'  «  il n' y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis  » (Jn 15,13-14). Jésus leur donne «  à manger  » le pain symbolisant son corps, rompu pour le salut de la multitude. Le corps de quelqu'un, chez les Hébreux, c'est lui-même, nous dirions sa personne. Son sang, c'est sa vie.

    3. Les premières communautés ont désigné ce geste de Jésus comme «  la fraction du pain  » (Lc 24, 35 ; Ac 2,42) : c'est un des «  lieux  » ou des moments qui permettent aux yeux des disciples d'Emmaüs de s'ouvrir (Lc 24, 30-31), et à nous-mêmes, à leur suite, de faire l'expérience que nous reconnaissons sa présence, non pas enfouie dans la matière du pain, mais à travers l'action même de reproduire les gestes et de prononcer les paroles de Jésus. Il ne s'agit pas seulement de prendre un repas ensemble, même liturgique, mais d'accomplir des gestes successifs sans cesse rappelés : bénir, rompre, partager.

    4. Paul donne un sens manifeste au «  pour nous  » : «  puisqu'il n'y a qu'un pain, nous ne formons qu'un seul corps  »  dans le Christ (1 Co 10, 17), ce qui, à ses yeux, entraîne la solidarité avec " ceux qui n'ont rien  », faute de quoi nous «  méprisons l'Eglise de Dieu  » et «  ce n'est plus le Repas du Seigneur que (nous) prenons  »(1 Co 11, 20-22). Quant à Jean, il n'insère pas dans son évangile le récit de l'institution (d'ailleurs connu de tous à l'époque), mais raconte le lavement des pieds et met en valeur l'humble service fraternel (1Jn 13,1-5). Le geste eucharistique de Jésus implique le service et l'amour mutuel.

    5. La deuxième bénédiction, sur le vin (une boisson de fête !), «  Buvez tous de cette (même) coupe  », reçoit aussi sa signification nouvelle : c'est, comme la première, une nouvelle alliance scellée par le sang. Le livre de l'Exode raconte comment, après avoir reçu de Moïse les dix Paroles (ou commandements de Dieu), en signe d’Alliance avec lui, Aaron et les prêtres hébreux aspergent l’autel et le peuple du sang des animaux immolés (Ex 24, 5-8). La symbolique du vin partagé est double, comme celle du pain  : la vie donnée librement, et la communion de vie qui en résulte.

    C. Nos eucharisties  : «  Faites ceci en "mémorial" de moi

    1. Dans le climat créé par la foi en la résurrection, les premières communautés vivent leurs assemblées comme «  le Repas du Seigneur  », où celui qui reçoit à sa table est toujours le même Jésus, désormais vainqueur de la mort.  «  Tout en évoquant d’emblée le rite sacramentel, la seconde dénomination de cette assemblée liturgique : la fraction du pain, souligne l'aspect de partage dans l'unité, qui caractérise la célébration chrétienne  ».

    2. En le faisant, leurs yeux continuent de s'ouvrir (voir Lc 24, 31), ils font l'expérience que «  l'ancien monde s'en est allé  » (2 Co 5, 17), qu'un nouveau monde s'inaugure, celui où la mort n'a plus le dernier mot, celui où une communion fraternelle est possible - c'est le «  voyez comme ils s'aiment  » («  ils n'avaient qu'un seul cœur...   », Ac 4, 32), et cela, dans la mesure où ils se laissent transformer, par le partage, sous l'action de l'Esprit, en «  un seul corps  » (1 Co 10, 17)

    Les premiers disciples fréquentent le Temple (voir Ac 5, 12), mais c'est pour participer à la prière. Ils ne prennent plus part aux sacrifices rituels, ce qui deviendrait un non-sens pour eux. Ils vont aussi au temple, comme Jésus le faisait, pour annoncer la Bonne Nouvelle : «  Ce Jésus que vous avez crucifié, Dieu l'a ressuscité  » (Ac 2, 23-24), et ils célèbrent, dans leurs maisons particulières (Ac 2, 46), leur culte «  en esprit et en vérité  » (Jn 4, 23-24).

    3. Ce qui se célèbre, c'est donc l'actualité d'un monde possible parce qu'il est déjà donné, enraciné dans ce don que Jésus a fait «  une fois pour toutes  » (Hb 7, 27 et 9, 12) et que le «  mémorial  » cultuel représente. Il le représente non seulement en reproduisant les paroles et les gestes de Jésus, mais en actualisant son action transformatrice. Le mémorial n'est pas l'évocation d'un souvenir du passé, il est le surgissement actuel de ce passé dans notre présent, il le fait accéder à la surface de l'actualité dont il est en fait le sens permanent. Dans la célébration, Jésus est présent à notre présent parce qu'il y est agissant.

    4. L'ensemble des gestes et des paroles qui sont dites à ce moment de la célébration poursuivent ce seul but, si riche dans sa simplicité : nous enraciner personnellement et tous ensemble dans les attitudes que les gestes et les mots induisent, faire de nous un seul corps dans la conscience que cela nous est «  donné  », dans une attitude de bénédiction, de gratitude. Reconnaissance, parce que dans l'acte par lequel Jésus s'est librement exposé à livrer sa vie, se manifeste le «  don  » où Dieu se révèle comme amour de sa création. C'est ce qu'a bien compris Jean : «  L'amour vient de Dieu, et celui qui aime est né de Dieu et connaît Dieu  » (Jn 4, 7).

    Nous pouvons, pour conclure, rejoindre la préface de Xavier Léon-Dufour. Il n'a pas utilisé l'expression «  pain de vie  », mais «  le pain de la vie  ». Le pain est, dans la Bible, la nourriture essentielle de l'être humain, et la vie comporte un «  je ne sais quoi qui dépasse l'homme et dépend de Dieu  ». En fait, dans le langage biblique, il s'agit de la vie que la mort ne peut atteindre, la vie divine. Et le pain qui nourrit cette vie-là est unique lui aussi.

     

        Chapitre 2. Tradition et déviations. Quelques problématiques  :

    Au fil du temps, la compréhension du sens des célébrations eucharistiques a évolué: il y eut des progrès, mais aussi des déviations. Citons quelques problématiques et déviations qui ont laissé des traces jusqu’à nos jours  :

    - présence réelle et transsubstantiation
    - la notion de sacrifice  : l ‘eucharistie est-elle un sacrifice  ?
    - la présidence de l’eucharistie. Une célébration eucharistique sans prêtre  ?

    A. Présence réelle et transsubstantiation :

    On a rappelé plus haut que Jésus a donné un sens nouveau à un rite ancien.  «  En référence à sa mort violente imminente, il a fait du pain rompu et du vin rouge sang des signes prophétiques, qui, en cet instant, symbolisent très profondément ce qu’il a été, ce qu’il a fait, et ce qui l’attend: le sacrifice, le don de sa vie. Comme ce pain, son corps sera rompu; comme ce vin, son sang sera versé.  »

    Jésus était physiquement présent lors du dernier repas pris avec ses disciples. Après sa résurrection, c’est Jésus Fils de Dieu qui est présent, cette fois en Esprit, N’avait-il pas dit:  «  Là où plusieurs d’entre vous seront réunis en mon nom, je serai présent parmi vous.  » (Mt, 18,20) Le pain rompu et la coupe de vin symbolisent cette présence en Esprit, laquelle est bien réelle.

    Lors du choc culturel des invasions barbares, il se produisit une perte du sens du réalisme symbolique. Alors que pour les évangélistes et leurs lecteurs, «  Les symboles sont leur univers de pensée.  », les paroles «  ceci est mon corps  » et «  ceci est mon sang  » sont prises au sens littéral, physique.

    Pour «  expliquer  » cette transformation, Thomas d’Aquin et ensuite les néoscolastiques ont fait appel à la philosophie d’Aristote, en particulier, aux concepts de substance et accident: la substance du corps et la substance du sang du Christ seraient réellement transformés en son corps et en son sang, les accidents ou espèces demeurant tels quels.

    Cette théorie thomiste et néo-thomiste n’a plus aucun crédit à l’heure actuelle, mais l’Église officielle semble encore s’y référer.

    Pour nous modernes, il nous est impossible d’admettre que le pain soit transformé en corps physique du Seigneur et le vin en son sang. Nous savons que Dieu n’intervient pas dans les lois de l’univers. Une telle transformation ne fait pas partie du «  croyable disponible  » (Ricœur) de notre époque.

    L’adoration de l’hostie, et même l’élévation de celle-ci après la  «  consécration  » sont des traces liées à la croyance en la transsubstantiation. Ce qui est grave, c’est que, pour des hommes ou femmes du XXIe siècle, ceci relève d’une mentalité magique. En maintenant de telles croyances et de telles pratiques, le catholicisme risque de perdre toute crédibilité.

    B. L’eucharistie, un sacrifice  ?

    Le langage traditionnel use surabondamment du mot sacrifice pour désigner l’eucharistie: on parlera de «  sacrifice de la messe  » ou de «  saint sacrifice de la messe  ». Quand nous essayons de comprendre le sens de ce que Jésus a fait à la dernière cène et que nous refaisons à sa suite, cela a-t-il un sens de parler ainsi ?

    Le langage met sous le mot sacrifice des choses très différentes, notamment:

    * Faire un ou des sacrifices: se priver volontairement de quelque chose, renoncer à quelque chose en vue d’une fin.
    * Donner/ sacrifier sa vie pour une cause.

    Au sens précis que donne l’histoire des religions, et c’est évidemment ce sens religieux qui nous intéresse, le sacrifice est une offrande rituelle à la divinité comportant la mise à mort d’un être vivant. Comme l’a fait remarquer Bergson, «  le sacrifice est sans doute, d’abord une offrande destinée à acheter la faveur du dieu ou à détourner sa colère  »

    Par conséquent: un don (cadeau, offrande) n’est pas un sacrifice. Un «  repas de communion  » pour lequel on immole un agneau n’est pas un sacrifice. La bénédiction juive sur le pain rompu et partagé et sur la coupe lors des repas fraternels n’est pas un sacrifice.

    Comme nous l’avons vu précédemment, l’eucharistie est essentiellement une action de grâce et la célébration de la Nouvelle Alliance: elle n’est donc pas un sacrifice au sens religieux du terme.

    Dans les textes du Nouveau Testament qui concernent l’eucharistie, il n’est pas question de sacrifice:

    1) Les récits de l’institution de l’eucharistie sont situés, soit dans le contexte de la passion proche (chez Mt, Mc et Lc), soit dans celui de la pratique des communautés (dans 1 Co 10 et 11). Dans le cadre de la dernière cène (on discute pour savoir si c’est le repas pascal ou non), les gestes et les paroles de bénédiction de Jésus sur le pain et la coupe ne sont pas des gestes sacrificiels. Par le sens nouveau qu’il leur donne, il symbolise certes le don de sa vie mais ne le définit pas comme un sacrifice rituel.
    Dans le cadre de la pratique des communautés, il s’agit manifestement d’un moment de communion avec le Ressuscité, vécu dans l’allégresse (Ac 2,46). Il n’y a là aucune évocation sacrificielle.
    2) Dans les autres textes du Nouveau Testament où il est fait allusion à l’eucharistie (dans les Actes, dans Jn 6 à un certain niveau de lecture), il n’est pas question de sacrifice au sens cultuel.

    Certes, il est question de sacrifice dans d’autres textes du NT, mais ces textes ne concernent jamais l’eucharistie :
    La lettre aux Hébreux interprète la mort de Jésus en termes de sacrifice «  offert une fois pour toutes  », non par le sang des boucs et des taureaux, mais «  par son propre sang  ». Ici, il n’est pas question de l’eucharistie, mais de la mort de Jésus. Ce n’est qu’après qu’on a rapproché les deux. De même, Ephésiens 5, 2 utilise la métaphore du sacrifice dans un contexte où l’auteur invite à suivre la voie de l’amour, à l’exemple du Christ qui nous a aimés et s’est livré pour nous.

    En tout état de cause, si Jésus a donné /sacrifié sa vie lors de sa passion, il ne s’agit pas d’un sacrifice au sens religieux du terme, d’un sacrifice au sens expiatoire, mais un don de sa vie entraîné par sa fidélité à sa mission.

    Une certaine idée de la «  rédemption  » selon laquelle Jésus se serait offert en sacrifice pour réparer par sa mort l’offense faite à Dieu par tous les péchés du monde, comme si le Père avait exigé la mort du Fils bien-aimé pour avoir «  satisfaction  », ne peut plus être acceptée par la théologie contemporaine. Dieu serait-il un être cruel voire sadique, au point que sa colère ne pourrait être apaisée que par le sang de son propre Fils  ?

    Les autres textes du Nouveau Testament où il est question de sacrifice désignent soit des rites païens ou juifs, soit des attitudes intérieures d’offrande de soi, dans la ligne de la critique des prophètes «  ce que je veux c’est la miséricorde et non les sacrifices  » (Mt 19,13) et «  vous êtes édifiés en maison spirituelle, pour constituer une sainte communauté sacerdotale, pour offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus-Christ  » (1 P 2, 5). Le langage est rituel, mais le contexte montre qu’il concerne la conduite éthique des adhérents. Il ne s’agit aucunement du rituel du sacrifice religieux.

    En conclusion:

    * L’eucharistie n’est pas un sacrifice au sens religieux et rituel du terme.
    * Le don par Jésus-Christ de sa vie peut être qualifié de sacrifice au sens non religieux du terme; mais sa ritualisation par Jésus sous forme d’un geste de partage du pain et du vin, diffère radicalement d’une symbolique sacrificielle.

    C’est pourquoi, étant donné les dérives auxquelles expose l’expression «  (saint) sacrifice de la messe  », cette façon de désigner la célébration eucharistique est à proscrire.

    C. La présidence de l'eucharistie. Une célébration eucharistique sans prêtre?

    Dans l’organisation actuelle de l’Église catholique romaine, seuls les prêtres et les évêques sont autorisés à présider les célébrations eucharistiques. En vertu du «  sacerdoce  » qui leur a été conféré par l’ordination, ils sont considérés comme les seuls pouvant «  consacrer validement  » le pain et le vin. En outre, au sein de l’église latine, ce sacerdoce est réservé aux seuls célibataires de sexe masculin.

    Ces dispositions de «  l’Église officielle  » sont-elles fondées théologiquement? Qu’en est-il aussi des pratiques actuelles de la Paroisse Libre?

    Pour répondre à cette double interrogation, il nous faudra remonter aux origines. Certes, il ne s'agit pas de reproduire purement et simplement les pratiques des premières communautés ; il faut prendre en compte aussi les évolutions historiques, la tradition. En tenant compte toutefois que «  le Nouveau Testament n'autorise pas n'importe quelle évolution: il y a des évolutions historiques erronées et des régressions.  »

    1. La présidence des eucharisties durant les temps apostoliques

    Après Pâques, sous l'expérience de la résurrection et de l'Esprit, les disciples ont cru définitivement que Jésus était vraiment le messie attendu. L'Église «  la communauté de ceux qui se sont engagés pour la personne et la cause de Jésus-Christ et qui en témoignent comme espérance pour tous les hommes  » était née, et progressivement une nouvelle religion, le Christianisme, se met en place.

    Les religions antérieures au christianisme comportaient une caste sacerdotale ayant pour fonction de servir d'intermédiaire entre le peuple et le ou les dieux; les prêtres avaient en charge le sacré. Il en était de même dans la religion juive: le Temple relevait des prêtres, placés sous l'autorité du Grand prêtre et du Sanhédrin.

    Avec le christianisme, Jésus-Christ est le seul médiateur entre Dieu son Père et l'humanité : Jésus est le seul prêtre, le Grand Prêtre de la nouvelle alliance, le «  représentant  » du peuple devant Dieu son Père et de Dieu son Père devant le peuple. «  Le chrétien qui croit et qui est baptisé n'a plus besoin d'aucun médiateur humain pour trouver la communion avec Dieu dans le Christ et pour conserver cette communion. Tout croyant, en tant que membre de la communauté, mais aussi en tant qu'homme parmi les autres et pour les autres, se trouve, vis-à-vis de Dieu, dans une immédiateté définitive que, même au sein de la communauté, aucun homme ne peut lui ravir, et qu'aucune autorité humaine ni même ecclésiastique ne peut interrompre !  »  Il s'agit là, dans l'histoire des religions, d'une nouveauté inouïe, unique, introduite par le Christianisme.

    Après la résurrection, se souvenant du «  faites ceci en mémoire de moi  »  Lc.22, 19) de Jésus lors de la dernière Cène, les chrétiens se sont réunis «  dans l'allégresse, pour célébrer le Repas du Seigneur  » (Actes 2, 46). Pour les apôtres qui avaient été présents à la dernière Cène, il allait de soi que l'invitation du Seigneur s'adressait à tous.

    En prenant tous et toutes une part active à ces repas de souvenir, d'action de grâces et d'alliance; en étant tous et toutes, acteurs des célébrations eucharistiques, ils ont pris conscience de la dimension sacerdotale de la communauté de ceux qui croient en Jésus-Christ, conscience qu'ils sont «  la race élue, la communauté sacerdotale du roi, la nation sainte que Dieu s'est acquis...  » (1 Pierre 2, 9 et 10). Ce que l'on a appelé «  le sacerdoce universel des fidèles  ».

    Qu'en est-il de la présidence de ces eucharisties? Comment étaient désignés ou choisis les présidents des célébrations eucharistiques? Sur ce point, le Nouveau Testament ne fournit aucune réponse précise. Ceci montre à tout le moins qu'il ne s'agit pas pour les auteurs d'une question prioritaire.

    Par ailleurs, «  de l'avis commun des exégètes, il est hautement invraisemblable que toutes les eucharisties des premières communautés aient eu pour président un ministre ayant eu l'ordination par imposition des mains. Il est aussi peu vraisemblable que cette présidence ait été exercée par n'importe quel membre de la communauté : il devait être désigné de quelque façon.  »

    Pour ce qu’on en sait, au début les communautés se réunissaient dans des maisons privées. Ce n'est que plus tard que les réunions ont eu lieu dans de grands locaux adaptés (les basiliques !). Au début, ce sont vraisemblablement les maîtres de maison, éventuellement les maîtresses de maison (des veuves  ?) qui présidaient ces repas.

    Très tôt cependant, la nécessité s'est fait sentir, de créer des premières structures d'organisation. Au départ, les Douze (les Onze avaient fait appel à Barnabé pour remplacer Judas.). Assez tôt, le cercle des Sept, avec Etienne, qui regroupait les judéo-chrétiens parlant le grec. Quelques autres, également appelés apôtres, qui, au titre de premiers témoins annonçaient le message du Christ, fondaient et dirigeaient des communautés. Il y avait en outre des prophètes et des prophétesses, des évangélistes et des collaborateurs en tout genre, hommes et femmes.

    Cependant, cette répartition des tâches ne supprimait pas la conscience de constituer une communauté égalitaire, où l'Esprit distribuait ses dons divers - les charismes - pour la vitalité du corps entier.

    2. Les déviations postérieures.

    Par rapport à l'esprit des origines, de nombreuses déviations sont apparues au fil des siècles. Nous avons déjà rappelé la conception très matérialiste de la «  présence réelle  », exprimée par la théorie de la transsubstantiation, et la célébration eucharistique considérée comme un sacrifice au sens religieux du terme.

    Une importante source de déviations a été l'application des catégories du sacré et du sacerdoce aux responsables des communautés. Alors que les premiers chrétiens, pour désigner les fonctions de direction des communautés, évitaient soigneusement toute confusion avec le sacerdoce du Temple et celui des cultes païens, dès le IIIe siècle, ces rôles se sont trouvés «  sacerdotalisés  » c'est-à-dire revêtus des attributs et du caractère des ministres des autres cultes de l'époque. Une dimension essentielle de la nouveauté chrétienne, l'unicité de la médiation du Christ, se trouvait ainsi voilée et finalement oblitérée.

    Il faudra attendre Vatican II pour que soit remis en lumière le sacerdoce universel du Peuple de Dieu. «  Le Seigneur Jésus que le Père a sanctifié et envoyé dans le monde  » (Jn 10,36) fait participer tout son Corps mystique à l'onction de l'Esprit qu'il a reçue : en lui tous les chrétiens deviennent «  un sacerdoce saint et royal.  » (Vatican II, Décret sur le ministère et la vie des prêtres, n°2). Rome n'en a pas jusqu'ici tiré les conséquences.

    Autre source de déviation: la concentration du rôle du prêtre sur le «  pouvoir de consacrer  »  le pain et le vin. Cette dérive est en quelque sorte la résultante du «  matérialisme eucharistique  » et de la sacralisation du prêtre dont nous avons parlé.

    D'une façon générale, la compréhension des sacrements a été handicapée par l'imprégnation exagérée des catégories juridiques : compétence, conditions de validité, de licéité, qui ne conviennent guère pour rendre compte de réalités symboliques.

    . Conclusion: Faut-il un prêtre pour qu'il y ait eucharistie ?

    Il nous semble que nous ne pouvons mieux faire ici que de citer Gérard Fourez:

    " Qu'est-ce qui fait qu'il y a une Eucharistie? Est-ce la présence du prêtre ou l'existence d'une communauté qui, à la suite de Jésus, dit:  «  voici ma vie que je donne  »? Ce ne sont pas les paroles de la consécration qui font qu'il y a Eucharistie et que Dieu est présent. C'est l'engagement de la communauté suscité par l'Esprit et par l'Évangile. C'est ainsi que, quand une communauté se réunit pour faire mémoire - en paroles et en actions – de la bonne nouvelle en Jésus-Christ, elle célèbre l'Eucharistie, qu'un prêtre ordonné soit présent ou pas. De plus, en agissant ainsi, les individus rassemblés deviennent une communauté d'Eglise, Corps du Christ.

    Cela ne veut pas dire qu'il ne faille pas des ministres (des serviteurs) de la communauté, pour la réunir, pour parler en son nom, pour proclamer le pardon de Dieu, pour dénoncer en son nom les injustices, pour accueillir en son nom de nouveaux membres, pour animer des réunions et des célébrations, etc. L'important, c'est que la communauté soit vivante et libératrice. Le rôle d'un prêtre, c'est de rendre cela possible; mais sans prêtre, une communauté peut aussi être vivante et libératrice. Ce fut un des grands apports du Concile de restaurer la primauté de la communauté ecclésiale par rapport à ses ministres.  »

    Il est normal aussi que l'Église, comme organisation, dicte des règles pour que le choix des animateurs de communautés se porte sur des personnes qualifiées.

    Comment situer dans ce cadre les pratiques actuelles de la Paroisse Libre ? Sur le plan de la fidélité à la tradition, nous nous sentons tout à fait en phase avec les premières communautés chrétiennes, c'est-à-dire avec la perspective et les pratiques néotestamentaires.

    Par contre, non sans une longue réflexion, nous avons décidé de transgresser certaines des prescriptions actuelles, qui pour nous faisaient obstacle à une pratique vivante de l'eucharistie et correspondent à une théologie dépassée. Le moment d'histoire qui nous est donné à vivre légitime de telles transgressions. "

     

        Chapitre 3  : L’eucharistie et la prière

    Dieu est à l’initiative de toute démarche, Il nous précède dans la prière, sa Parole nous devance dans toute l’histoire de l’humanité. Depuis la nuit des temps, l’être humain est ouvert à une forme de transcendance. Les psaumes nous montrent comment l’homme et la femme s’adressent à Dieu.

    La prière est une dimension et un registre d’expression qui ont leur place dans le judéo-christianisme. Elle tend vers une relation avec un Dieu d’Alliance, déjà Moïse conversait avec Dieu «  le Seigneur parlait à Moïse, face à face, comme on se parle d’homme à homme  » (Exode 33 11).

    Prier, disait Thérèse d’Avila, c’est  :  «  un commerce d’amitié avec Celui dont on se sait aimé».
    La prière chrétienne se vérifie et se traduit dans la vie par l’amour et le souci du prochain.
    Prier, c’est un moment où le temps change de dimension.
    Prier, c’est prendre conscience du réel qui nous échappe.
    Prier, c’est réaliser que l’on a déjà tout reçu.
    Prier peut devenir pour quelqu’un comme le rythme de sa respiration, comme le rythme de sa vie.
     

    Quelle est la place de la prière dans l’Eucharistie  ?

    Dans l’Eucharistie, la prière est essentiellement collective, les Actes des Apôtres nous rapportent comment vivaient et se comportaient les premières communautés chrétiennes  («  ils étaient assidus … à la fraction du pain et aux prières  » Actes II, 42).

    Chaque individu se positionne, chaque personne se joint à l’autre pour faire partie, au sein d’une même assemblée, de la grande famille qu’est l’Église, peuple de Dieu.

    Cette prière se développe sur différents registres  : la louange, l’action de grâce et la demande … par ex. la «  préface  », le «  Notre Père  », l’épiclèse etc.…

    Nos intentions de prière sont un moment privilégié pour nous mettre, avec nos sœurs et frères, en présence de Dieu afin de lui recommander ce qui nous tient à cœur.

    C’est un moment où nous lui disons que nous ne pouvons pas tout faire par nous-mêmes, que nous avons besoin de son Esprit  !

    Comme cela ne va pas de soi, naît une demande qui nous engage  :

    «  Nous nous souvenons devant toi de …  »
    «  Merci, Seigneur pour …  »
    «  Seigneur, toi qui …  »

    -----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

        Annexes. Pour nous aider en pratique

    A. Canevas de célébrations 

    Le premier chapitre a exposé, sur base des écrits évangéliques et de St. Paul, le récit de «  ce que Jésus a fait ce soir-là  », tel que le travail des exégètes permet de le reconstituer. En réalité, nous ne pouvons espérer disposer d’un compte-rendu exact de ce qui s’est réellement passé. En effet, très tôt les premières communautés se sont adaptées à des circonstances nouvelles. En particulier, elles ont regroupé les deux bénédictions, sur le pain et la coupe, originairement séparées par le repas, et elles ont dissocié le «  Repas du Seigneur  » des repas ordinaires.

    Depuis deux mille ans, ces adaptations de la pratique eucharistique aux temps et aux lieux n’ont jamais cessé. L’histoire montre que les formes des derniers siècles ont été figées sur la base d’une pratique médiévale assez dégénérée. Vatican II a essayé de ramener les choses à l’essentiel, mais en gardant le modèle figé hérité du passé.

    On formule ici cet essentiel sur la base du travail de Vatican II, mais en disant le sens de chaque moment dans un langage moins figé, et en tenant compte également de la pratique actuelle de la Paroisse Libre.

    L’entrée en célébration

    Ou  : comment passer du quotidien au temps de la célébration et se disposer à écouter la Parole.

    Ce moment comporte essentiellement  deux éléments :

    * un mot d’accueil (salutation par le président, accueil mutuel)
    * une invitation à la prière (ou au silence intérieur qui dispose à l’écoute et qui «  laisse l’Esprit prier en nous  »)

    On peut utiliser divers autres moyens  :

    un chant d’entrée
    un moment musical
    une première prière («  oraison  »)
    La Parole entendue et partagée  Ou  : comment le passé éclaire et nourrit notre présent  :

    Ce moment comporte essentiellement  deux temps :

    * un moment d’écoute  : deux ou éventuellement trois lectures  : une du Premier Testament, éventuellement en alternance avec un passage d’une Epître ou des Actes ou de l’Apocalypse, et une lecture d’Évangile  ; N.B. Souvent une brève introduction aux lectures est utile pour situer le texte et/ou aider à la comprendre

    * un temps d’actualisation de la Parole entendue.  Cette actualisation peut se faire sous diverses formes  :

    * un temps méditatif entre les lectures ou après, pour laisser résonner la Parole en nous (psaume, intermède musical, temps d’intériorisation, temps de silence…)

    * une acclamation avant la lecture d’Évangile (alléluia)  ;
    * plus important  : un partage de la Parole, homélie, partage en petits groupes ;
    * un geste d’entraide («  collecte  »)  ;
    * un partage d’intentions de prière.

    1. Le partage du Pain et de la Coupe

    Ou  : la fraternité du partage de la parole manifeste son enracinement dans le don que Jésus fait de sa vie, dans un cadre joyeux de «  bénédiction  »  :
    * d’abord la préparation du pain et du vin,   moment de transition pratique (plutôt que  «  offertoire  »)  ;
    * puis la Grande Prière eucharistique  : tout entière sous le signe de l’action de grâces  ; elle comporte trois ingrédients  dont l’ordre peut varier :

    elle rend grâces pour ce que Dieu donne, et pour Jésus Christ  : c’est la «  pré-face  » (à traduire par «  pro-clamation  »), mais aussi la «  doxologie  » (ou formule qui «  rend gloire à Dieu  ») qui clôture la Grande Prière («  par Lui, avec Lui et en Lui…  »).
    elle rappelle ce que Jésus a fait et dit lors de la «  dernière cène  » lorsqu’il a partagé le pain et la coupe  : c’est l’anamnèse ou mémorial, le plus souvent sous la forme d’un court récit («  paroles de l’institution  »).
    elle suppose un climat de prière, demandant que par l’action de l’Esprit, nos gestes rituels soient pleins de sens, et que ce soit une action vitale qui «  agisse  » en nous  : c’est l’épiclèse (ou invocation à l’Esprit).Elle peut donc avoir deux formes  : «  que ce pain et ce vin soient vraiment pour nous communion avec Jésus  » = épiclèse sur le pain et le vin  ; et «  que par l’Esprit nous formions un seul corps  » = épiclèse sur l’assemblée

    * une longue tradition place à ce moment la récitation du Notre Père et un geste de partage de paix  : la communion exprimée avant la communion symbolisée.

    * enfin la communion symbolisée en sa source, par la communion au Pain et à la Coupe  : «  devenons ce que nous recevons  ».

    À la Paroisse Libre, nous communions aussitôt après le rappel de l’invitation de Jésus  : «  Prenez, mangez, prenez, buvez  ») et le Notre Père est comme un écho sous forme de prière de la communion symbolisée dans le partage du Pain et de la Coupe.

    L’Envoi   Ou  : Nous sommes envoyés en mission avec un mot d’encouragement et/ou une bénédiction.

    C’est souvent là aussi que viennent les dernières informations à l’assemblée.


     

    B.Un questionnaire pour préparer et/ou évaluer  :

    Nous reproduisons ici des questions élaborées par Louis Fèvre; ce questionnaire a été conçu comme une sorte de «  boîte à idées  » qui pourrait stimuler notre propre créativité  :

    1.  

      Q1  : Avec quelle disposition d’esprit venons-nous à la célébration  ?

      Q2  : Quelle est la part de créativité souhaitable dans une célébration tout en respectant la «  mémoire  » de Jésus  ?

      Q3  : L’Eucharistie que nous célébrons est-elle vraiment une action de grâces, une bénédiction que nous adressons à Dieu  ?

      Q4  : Accueillons-nous les participants et les introduisons-nous dans l’esprit et le recueillement de la célébration  ?

      Q5  : Veillons-nous à faire entendre et comprendre la Parole de Dieu et, d’autre part, à susciter l’échange libre et spontané pour actualiser cette parole avec l’apport de tous  ?

      Q.6 Notre préface est-elle une prière de bénédiction, qui rend grâces, qui fait mémoire de la dernière Cène («  anamnèse  »), qui prie pour que l’action de l’Esprit porte en nous ses fruits  ? («  épiclèse  »).

      Q.7 La prière du Notre Père, un geste de transmission de la paix, la bénédiction et le partage du pain et de la coupe sont-ils assez explicites et associés pour exprimer leur signification  ?

    Le sens des étapes principales

       Entrée  : passage du quotidien à la célébration

      Q.8 Comment le faisons-nous  ?

       La Parole entendue et partagée  :

      Q.9 Lecture du Premier Testament et/ou d’un passage des Épîtres. Comment les choisissons-nous ? La plupart des textes demandent à être situés sobrement, afin d’être compris. Comment le faisons-nous  ?

      Q.10 Pensons-nous à l’écho méditatif que doit susciter le texte (psaume, moment de silence…)  ?

      Q.11 Lecture de l’Évangile, supposant souvent un mot d’introduction. Elle devrait être précédée d’une acclamation (alléluia), le faisons-nous, ou par quoi la remplaçons-nous  ?

      Q.12 Comment rédigeons-nous de « bonnes » questions à proposer au partage en Groupes ?

      Q.13 Au cours du partage, distinguons-nous le temps d’écoute et de compréhension du sens du texte, de celui de l’appropriation et du libre commentaire qu’en font les participants  ?

      Q.14 Comment veillons-nous à ce que chacun puisse s’exprimer ?

      Q.15 Comment estimons-nous que c’est le moment de mettre fin à l’échange en grand groupe qui suit  ?

      Q.16 Pouvons-nous aider les participants à mieux découvrir la Bible, par un enseignement ou par le partage  ?

       

    Bénédiction et partage du Pain et de la Coupe

      - Préparation du pain et du vin :

      Q.17 Tenons-nous compte de la prière de bénédiction qu’est la préface, avec ses trois caractéristiques: rendre grâces, faire mémoire, demander l’intervention de l’Esprit Saint en nous.

      Q.18 Avons-nous pensé à faire cette Préface ensemble? Et comment y intégrons- nous les paroles échangées lors du partage?

      Q.19 Paroles du partage du pain et du vin : lesquelles choisissons-nous ?

      Q.20 Comment faisons-nous le lien entre le partage du pain et du vin et le Notre Père  ?

      Q.21 Comment terminons-nous la célébration (envoi) en tenant compte de ce qui a été partagé et en renvoyant les participants dans la vie ?

      Q.22 Comment enrichissons-nous notre rituel pour le rendre plus parlant et plus vivant ? Comment rendons-nous les célébrations joyeuses et créatives ?

    Questions complémentaires de mise en œuvre 

      Q.23 Comment prenons-nous en compte les charismes de chacun de façon à en faire profiter la communauté et à les développer  ?

      Q.24 Comment et quand insérons-nous des moments de silence ?

      Q.25 Quel rôle la musique joue-t-elle dans nos célébrations?

      Q.26 Avons-nous rencontré des difficultés particulières lors de la préparation de la célébration? De quel ordre (documentation, interprétation des textes, choix des morceaux de musique)  ?



       

        Un schéma-type pour préparer

      La Paroisse Libre de Bruxelles

      Célébration du dimanche …………………….

      «  Groupe …  »

      Préparatifs  : arriver vers 17h40

    apporte les fleurs  :
    apporte le pain  :
    apporte le vin  :
    s’occupe de choisir les lecteurs(-trices) pour les textes  :
    apporte la clef  :
    apporte la musique
    apporte la page avec le déroulement et les textes.

      Déroulement  :

       

      ________________________________________________

    LA TABLE DE LA PAROLE

      Moment musical  :

      Introduction  : - Accueil, lien avec les célébrations précédentes, introd. des lectures  :

      Première Lecture  : :

      Musique :

      Deuxième lecture  ::

      Introduction aux groupes  :

    Lire les questions,
    faire préciser le nombre des groupes s’il le faut,
    dire à quelle heure on se rassemble.

      Questions  : 1.

     

      _________________________________

      Mise en commun  :

    Prière universelle (intentions)  
    __________________________________________
     LA TABLE EUCHARISTIQUE

      Préparation de la table  :

      Prière eucharistique :

      Préface  d’action de grâces:

      Invocation à l’Esprit et récit de l’institution  :

      Communion  :

      Distribution du pain  et du vin  :

      Musique  :

      Notre Père  : invite et entonne  :

      Communications  : donne la parole s’il y a lieu  :

      Bénédiction finale et «  envoi  »  :

      ________________________________________

      La Paroisse Libre de Bruxelles

       

              1. Célébration du dimanche

       

      Première lecture  :

       

       

       

            1. Deuxième lecture  :

       

       

       

      Questions  :

       

       

       


      Idées de prières eucharistiques

       9/06/13

      Nous te rendons grâce
      Notre Père qui est aux cieux
      De nous avoir créés sur cette terre si belle en été
      Sous le soleil qui brille même parfois en Belgique

      Nous te glorifions pour nous avoir envoyé Jésus
      Et puis, quand il devait nous quitter
      De ne pas vouloir nous laisser les yeux fixés sur son départ
      Mais avec nos pieds sur terre, de retour
      A travailler pour accomplir Ta volonté.

      Nous te rendons grâce, Seigneur
      Pour nous avoir laissé ton Esprit
      Qui nous accompagne et parfois nous éclaire
      Dans le temps des ténèbres [qui nous voilent de temps en temps]
      où de temps en temps nous sommes plongés.

      Mais le don de l’Esprit est aussi le don difficile
      Parce que, selon Ta volonté
      C’est à nous de manifester ses actions
      Par nos activités variées
      Ce n’est pas facile d’être porteurs de l’Esprit Saint
      D’avoir la responsabilité de discerner le bien et le mal
      Souvent contre le monde
      Avec Eglise ou contre elle
      Avec l’Esprit tel que nous le comprenons.

      Aide nous dans cette tache
      Pour que le monde soit meilleur.

      Seigneur notre Père
      Nous allons maintenant partager, selon le commandement de ton Fils
      Le pain de nécessité et le vin de la fête
      Et par eux, l’appel du chemin de vie que Tu nous as montré par Ton fils
      Et l’appel d’amour avec lequel il a librement donné sa vie -
      Permet-nous de la multiplier
      De nourrir de reflet de Ton amour tous ceux que Tu invites à Ta table
      l’humanité toute entière.

      (Sanctus)

      En Sa présence, comme il nous a promis
      « Si deux ou trois de vous seront rassemblés en mon nom… »
      Nous allons écouter l’appel à la vie et à la vérité qu’il nous a laissé

      Dans la nuit où Il fut livré, Il prit du pain, et après avoir rendu grâce, Il le rompit et dit ;
      « Ceci est mon corps livré pour vous, faites cela en mémoire de moi ».

      Il fit le même pour la coupe, après le repas, en disant :
      « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang ; faites cela, toutes les fois que vous en boirez, en mémoire de moi »


       9/06/13

      Dieu notre Père
      Nous te rendons grâce parce que tu nous donnes le droit au bonheur
      Même si nous nous le refusons nous-même.
      Mais tu nous aimes, en bon Père
      Qui ne punit pas
      Qui ouvre de nouveau la vie pour chacun de nous,
      Après chaque chute ou déception
      Qui prend la responsabilité trop lourde pour être portée par nous-même.
      Comme reflet de ton amour, Tu nous fait capables d’aimer
      Et de nous réjouir du bonheur de nos proches :
      Familles, enfants, petits-enfants, amis, le monde entier…
      Enrichit notre bonheur !

      Tu nous as annoncé ta parole
      Par Jésus notre frère
      Qui n’était que la parole que tu as souhaité de nous communiquer.
      Il est semblable à nous, et tout de même c’est toi que nous verrons par lui.
      Es-tu plus proche que nous nous figurons ?

      Nous avouons ne pas toujour suivre ni même comprendre ta parole.
      Avons-nous le cœur endurci ?
      Serons-nous jugés au dernier jour pour ne l’avoir pas suivi ?ême si Jésus n’était pas venu pour nous juger, mais pour
      nous sauver ?
      Même si tu es Dieu bon ?

      Nous te rendons grâce, Jésus,
      La lumière,
      Parce que tu nous as donné la possibilité de sortir des ténèbres
      Chaque jour
      Parce que nous avons la possibilité d’écouter tes paroles et de méditer ta vie.

      Nous te rendons grâce, Seigneur, pour nous avoir laissé une aide
      Le Saints Esprit
      Pour nous éclairer
      Dans le temps des ténèbres qui nous voilent de temps en temps
      Nous l’appelons maintenant pour être avec nous
      Pour nous éclairer sur nos gestes et nos paroles.

      (Sanctus)

      Les paroles que Jésus nous a transmis sont pain
      Le pain de vie
      Le pain qu’il faut manger pour avoir la vie
      Nous allons maintenant partager ce pain
      symbole de Jésus qui est parole de Dieu
      Le pain partagé qui nous est laissé pour nous rappeler l’essentiel.

      En Sa présence, comme il nous a promis
      « Si deux ou trois de vous seront rassemblés en mon nom… »
      Nous allons écouter l’appel à la vie et à la vérité qu’il nous a laissé

      Dans la nuit où Il fut livré, Il prit du pain, et après avoir rendu grâce, Il le rompit et dit ;
      « Ceci est mon corps livré pour vous, faites cela en mémoire de moi ».

      Il fit le même pour la coupe, après le repas, en disant :
      « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang ; faites cela, toutes les fois que vous en boirez, en mémoire de moi »


      Pour la célébration de PL du 12 Octobre 2014

      Notre terre a besoin de vérité et de réconfort
      Comme lorsque Ton fils est venu sur terre.
      Tu regardes, Seigneur, toutes les injustices et cruautés.
      Nous nous demandons : quand le châtiment viendra-t-il ?
      Comment rendre droits les sentiers du monde ?

      Mais peut-être ne sommes-nous pas sans faute nous-même.
      Sois avec nous, Seigneur, dans cette épreuve
      Et dans cette recherche du bien.

      Nous te rendons grâce
      Parce que tu nous offres réconfort et vérité
      Par Jésus Ton Fils et notre frère.
      Le réconfort de Ton pardon et de Ton encouragement
      Pour vivre selon Ta volonté.

      Nous voyons Jésus
      Encore peu conscient de son rôle
      Si pareil à nous-même.
      Il est entré dans les eaux de Jourdan
      Et en est sorti comme un être différent.
      Donne-nous la lucidité
      Pour découvrir notre rôle pour chaque jour
      Vis-à-vis de notre famille, nos voisins et nos collègues
      Vis-à-vis du monde qui souffre.

      Donne nous aussi la conscience de Ton amour
      Car on a du mal à vivre sans se sentir aimé.

      Nous te demandons, Seigneur,
      Envoie ton Esprit sur nous
      Et sur ce pain et ce vin que nous allons partager.
      Que ce partage soit fidèle à la volonté de Ton fils.
      Qu’il nous remplisse du reflet de son amour
      Avec lequel il a librement donné sa vie
      Pour nous et pour tous.
      Nous sommes réunis en son nom
      Et nous croyons qu’il est avec nous.

      (Sanctus)

      Dans la nuit où Il fut livré, Il prit du pain, et après avoir rendu grâce, Il le rompit et dit ;
      « Ceci est mon corps livré pour vous, faites cela en mémoire de moi ».

      Il fit le même pour la coupe, après le repas, en disant :
      « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang ; faites cela, toutes les fois que vous en boirez, en mémoire de moi »


      13-01-13

      Seigneur,
      Nous avons une raison particulière de te rendre grâce
      Parce que tu nous as permis de t’appeler Père
      Tout comme ceux qui étaient la descendance d’Abraham
      Bénis de Ton alliance avec lui.
      Cet héritage de sang n’était pas le nôtre
      Et pourtant nous sommes en pleine droit de nous appeler tes fils et tes filles .

      Mais cette appartenance n’est pas sans responsabilité
      Ce n’est pas par la loi, mais par la véritable foi que nous sommes les tiens.

      Jésus, Ton Fils et notre frère
      Nous a bien enseigné ce que veut dire être fidèle à Toi
      Il a choisi la liberté, et la vérité qu’il enseignait lui a coûté la mort

      Nous, pour la plupart, nous ne courrons pas le risque de mort pour la vérité
      Mais est-ce que nous la cherchons toujours ?
      Est-ce que nous poursuivons cet impératif de vérité
      Contre notre entourage, nos habitudes, notre confort,
      Notre Eglise – s’il le faut ?

      Donne-nous à discerner la vérité et d’avoir le courage de la choisir.

      Nous nous adressons à toi, Jésus, qui étais aussi conditionné par ta situation
      Toi qui as connu la pression de ta famille, de ta société, de ton église,
      Aide nous à retrouver la liberté qui n’est pas arrogance, mais recherche sincère de vérité.
      Libère nous de nos préjugés, mais aussi de nous-mêmes,
      De notre besoin de sécurité, d’appréciation par les autres.
      Accompagne-nous sur les chemins risqués.

      Nous Te rendons grâce, notre Père,
      Pour nous avoir donné Ton Fils pour frère et exemple de la recherche de la vérité.
      Nous te rendons grâce, Jésus, pour le message que tu nous as laissé à ta dernière cène,
      L’appel de suivre l’exemple de ta vie et de ton courage.
      Que l’Esprit de Dieu nous aide à réactualiser tes mots et tes gestes
      Selon le commandement que tu nous as donné
      Qu’il nous ouvre à leur signification.

      (ici Sanctus)

      Maintenant nous allons partager
      Le pain de nécessité et le vin de la fête
      Et par eux, l’appel au chemin de vie que Jésus nous as montré
      L’appel à la vérité pour laquelle il a librement donné sa vie.
      C’est avec Lui, en sa mémoire et pour nous allier à Toi, notre Père, que nous reprenons ses gestes et ses paroles.

      Dans la nuit où Il fut livré, Il prit du pain, et après avoir rendu grâce, Il le rompit et dit ;
      « Ceci est mon corps livré pour vous, faites cela en mémoire de moi ».

      Il fit le même pour la coupe, après le repas, en disant :
      « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang ; faites cela, toutes les fois que vous en boirez, en mémoire de moi »


      13-05-12

      Nous te rendons grâce, Dieu notre Père,
      Pour nous avoir créés par l’abondance de ton amour et appelés à nous aimer les uns les autres.
      Nous te remercions pour la manne que tu nous envoies du ciel :
      Nos joies, nos succès, toute la beauté de la vie.
      Le soleil de Sicile pour certains d’entre nous.
      Nous te rendons grâce pour la liberté que tu nous as donnée
      De marcher ou non selon ta loi
      De nous soucier plus de cette manne et de murmurer contre toi
      Ou de chercher le but du chemin que tu as choisi pour nous.
      Donne nous le courage de vivre et de progresser sur ton chemin aussi quand cette manne ne nous tombe plus du ciel.
      Nous te remercions pour Jésus ton fils
      Pour son courage et sa liberté
      par laquelle il marchait tout droit sur ton chemin.
      Nous te rendons grâce pour cette preuve que la liberté n’est pas condamnable
      Elle n’est pas facile
      Mais elle est condition du chemin du Royaume.
      Nous te rendons grâce pour Jésus que tu nous as donné comme pain du ciel,
      Qui nous amène au-delà de la recherche du pain quotidien
      (et de toute cette « manne » que la société contemporaine apprécie tellement)
      Donne nous de comprendre le pain de vie auquel il nous appelle.
      Donne nous de découvrir son chemin à travers le pain qu’il nous a ordonné de partager.

      Dans la nuit où Il fut livré, Il prit du pain, et après avoir rendu grâce, Il le rompit et dit ;
      « Ceci est mon corps livré pour vous, faites cela en mémoire de moi ».

      Il fit de même pour la coupe, après le repas, en disant :
      « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang ; faites cela, toutes les fois que vous en boirez, en mémoire de moi ».

       


      Noël 2011

      Préface

      Nous Te rendons grâce
      Pour la Lumière que Tu as fait descendre sur le monde.
      La Lumière qui est donnée pour tous
      Que nous en soyons conscients ou pas.
      La Lumière qui nous vient par la naissance, symbole d’espoir. 
      Nous espérons la paix et la venue de Ton Royaume
      Mais ils ne sont toujours pas là.

      As-Tu envoyé Ton fils en vain ?
      Ou, plutôt, n’est-ce pas à nous de le mettre au monde
      Eclairés par Ta Lumière ?
      Nous Te remercions pour Ta Lumière
      Puisse-t-elle nous orienter vers Ton royaume
      Comme l’étoile orienta les Mages ?
      Envoie sur nous Ton Esprit
      Pour nous aider sur ce chemin.

      (Sanctus)

      Maintenant, que nous allons partager, selon Ton commandement
      Le pain de la nécessité et le vin de la fête
      Donne nous de suivre le chemin de vie que Tu nous as montré par Ton fils.
      Donne-nous de suivre Ta Lumière
      Qu’elle éclaire l’humanité toute entière.

      Avec Ton fils que Tu as envoyé au monde
      Avec Lui et et en Sa mémoire
      Nous reprenons ses gestes et ses paroles.

      Dans la nuit où Il fut livré, Il prit du pain, et après avoir rendu grâce, Il le rompit et dit ;
      « Ceci est mon corps livré pour vous, faites cela en mémoire de moi ».

      Il fit de même pour la coupe, après le repas, en disant :
      « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang ; faites cela, toutes les fois que vous en boirez, en mémoire de moi ».


      09-09-12

      Préface

      Nous te saluons, Jésus caché
      Hésitant à te montrer
      Attendant que vienne ton temps pour t’affirmer.
      Tu nous montres qu’on peut être haï si l’on dit la vérité
      Sur les mauvaises œuvres de ceux qui sont bruyants, qui sont puissants.
      Nous le connaissons aussi.
      Nous te remercions pour tes hésitations, pour ton manque de conséquence
      Tu dis ne pas vouloir aller – et tu vas.
      Combien de fois nous ne sommes ni décidés, ni cohérents.
      Nous te remercions, Seigneur, pour nous avoir envoyé ton fils, si humain
      Nous ressemblant en tout
      Dans son indécision
      Dans son cri sur la croix.
      Et pourtant, il était ton fils
      Et il attendait que son temps vienne
      Sans se faire décourager par les mauvaises langues.
      Nous te remercions, Seigneur,
      Pour ton respect pour nos craintes et doutes,
      Toutes pareilles aux craintes et doutes de ton fils.
      Permets-nous d’avoir les mots appropriés et les actes quand il faut agir.
      il y a autant de chantiers dans le monde
      Qui manque de la paix, du pain et de l’amour
      Mais libère-nous des remords si nous ne sommes pas à la hauteur.
      Nous ne pouvons être meilleurs que Lui.
      Nous te glorifions pour avoir donné à ton fils
      Le temps du courage et de la gloire
      Le temps de la souffrance et de la résurrection
      Espoir pour nous tous.
      Nous te glorifions pour le message qu’il nous a laissé à sa dernière cène.
      Que ton Esprit nous aide à réactualiser ses mots et ses gestes
      Selon le commandement qu’il nous a donné
      Qu’il nous ouvre à leur signification.

      (ici Sanctus de la messe en B-minor de J.S.Bach)

      Maintenant nous allons partager
      Le pain de nécessité et le vin de la fête
      Et par eux, l’appel au chemin de vie que Tu nous as montré par Ton fils
      Et l’amour avec lequel il a librement donné sa vie -
      Permet-nous de la multiplier
      De nourrir de reflet de Ton amour tous ceux que Tu invites à Ta table
      l’humanité toute entière.
      Nous te rendons grâce
      pour Jésus ton Fils,
      car il nous a montré comment vivre en ta présence
      dans la liberté, la justice, et l’amour.
      C’est avec Lui, en sa mémoire et pour nous allier à Toi, que nous reprenons ses gestes et ses paroles.
      Dans la nuit où Il fut livré, Il prit du pain, et après avoir rendu grâce, Il le rompit et dit ;
      « Ceci est mon corps livré pour vous, faites cela en mémoire de moi ».

      Il fit le même pour la coupe, après le repas, en disant :
      « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang ; faites cela, toutes les fois que vous en boirez, en mémoire de moi ».


      23-10-14

      Préface

      Tu as participé à la joie humaine, notre frère Jésus
      Autour de l’amour de jeune couple
      Tu as partagé notre besoin de joie et de bien-être.
      Tu en as contribué
      Par Ton vin et par Ta bienveillance.
      Nous T’en remercions.
      En pourtant, l’amour de Ton Père n’est pas facile
      Nous le ressentons comme le nôtre, l’humain
      Avec le visage parfois détourne, les sourcils froncés,
      Le froid de l’absence, de l’indifférence, de rejet.
      Même Ton fils, Seigneur, en a douté sur la croix.
      Permet-nous de croire que Tu nous aimes
      Le premier, sans exiger de nous la réciproque.
      Même si nous nous sentons souvent abandonnés.
      Permet-nous de croire que nous sommes capables d’aimer
      Mais libère-nous de l’exigence de l’amour parfait
      Nous ne pouvons être plus parfaits que Toi.
      Permet-nous d’en donner selon nos capacités
      A nos proches, à ceux qui nous sont indifférents, même à nos ennemis.
      Le monde en a besoin.
      Maintenant, quand nous allons partager, selon ton commandement
      Le pain de nécessité et le vin de la fête
      Et par eux, l’appel du chemin de vie que Tu nous as montré par Ton fils
      Et l’amour avec lequel il a librement donné sa vie -
      Permet-nous de la multiplier
      De nourrir de reflet de Ton amour tous ceux que Tu invites à Ta table
      l’humanité toute entière.
      Nous te rendons grâce
      pour Jésus ton Fils,
      car il nous a montré comment vivre en ta présence
      dans la liberté, la justice, et l’amour.
      C’est avec Lui, en sa mémoire et pour nous allier à Toi, que nous reprenons ses gestes et ses paroles.
      Dans la nuit où Il fut livré, Il prit du pain, et après avoir rendu grâce, Il le rompit et dit ;
      « Ceci est mon corps livré pour vous, faites cela en mémoire de moi ».

      Il fit le même pour la coupe, après le repas, en disant :
      « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang ; faites cela, toutes les fois que vous en boirez, en mémoire de moi ».


      Prière Eucharistique 10-12-

      Père, nous te remercions pour ton œuvre d’amour en ce monde. Au sein de notre humanité encore désunie et déchirée nous savons et nous proclamons que tu ne cesses d’agir et que tu es à l’origine de tout effort vers la paix. Ton Esprit travaille au cœur des hommes et les ennemis enfin se parlent les adversaires se donnent la main, des peuples qui s’opposaient acceptent de faire ensemble une partie du chemin.

      Oui, Père, c’est à toi que nous le devons si le désir de s’entendre l’emporte sur la guerre, si la soif de vengeance fait place au dialogue, si l’amour triomphe de la haine. C’est pourquoi nous nous te remercions en unissant nos voix à ceux et celles qui te chantent dans l’univers :

      Sanctus

      Père, nous te remercions par ton fils Jésus qui est venu dans notre monde en ton nom. Il est la parole qui humanise les hommes, il est la main que tu tends à ceux qui sont dans le doute, la difficulté, il est le chemin par où nous arrive la véritable paix, la vie en abondance et la justesse dans nos relations.

      Nous te prions, Père, envoi ton Esprit sur ce pain et ce vin, alors que nous accomplissons ce que Jésus nous a dit de faire.

      Au cours du repas qu’il partageait avec ses disciples il prit le pain, en te remerciant il le rompit et le donna en disant : « Ceci est mon corps livré pour vous, faites cela en mémoire de moi ».
      Il fit le même pour la coupe, après le repas, en disant :
      « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang ; faites cela, toutes les fois que vous en boirez, en mémoire de moi ».


      Prions !

      Seigneur notre Dieu,
      il nous est bon de te rendre grâce.
      Car la victoire à laquelle tu nous convies, avec l’humanité entière,
      ne repose en rien sur la force et la violence,
      mais sur la justice, l’humilité et la fraternité entre nous.

      Le roi que tu nous envoies est monté sur le petit d’une ânesse.
      Il ne chevauche pas le destrier du triomphateur,
      que nous rêverions peut-être d’acclamer,
      qui réglerait tous nos problèmes et comblerait nos aspirations
      par la toute-puissance de ses interventions.

      Nous te remercions, Seigneur,
      pour ton fils Jésus de Nazareth, cet homme, notre frère.

      Il nous attire par son extrême proximité ;
      il nous rebute aussi par les exigences qu’il formule,
      le refus qu’il oppose à notre tendance à le voir,
      autrement qu’il n’est, échappant aux contingences ordinaires,
      glorieux comme nous le concevrions trop facilement.

      Oui, il nous appelle hors du tombeau de nos illusions,
      il nous relève d’entre les morts, comme son ami Lazare,
      mais selon la voie qu’il a lui-même adoptée, en assumant,
      jusqu’au bout, notre condition humaine, souffrante et mortelle.

      Le premier, il nous a montré l’exemple :
      au lieu de s’accrocher à la sécurité et aux avantages
      que sa célébrité aurait pu lui conférer,
      il a préféré perdre sa vie charnelle pour accomplir
      la mission que tu lui avais confiée.

      C’est pourquoi tu l’as glorifié en le ressuscitant d’entre les morts.
      Et sa résurrection est aussi la nôtre,
      pour autant que nous voulions le servir et marcher à sa suite.
      Ainsi, là où il est, là serons-nous aussi.

      Seigneur, nous te remercions de nous appeler,
      par ton fils Jésus, à partager sa gloire qui est aussi la tienne,
      toi, notre Dieu à tous depuis la création du monde.

      Et maintenant, Seigneur, envoie sur nous ton Souffle saint,
      que nous puissions partager fraternellement en vérité
      ce pain et ce vin en mémoire de ton fils Jésus.
      Que nous renoncions effectivement à la violence et à la force
      et que nous pratiquions entre nous la justice et l’équité,
      sans prétendre en imposer à quiconque,
      puisque nous sommes tous , comme ton fils Jésus,
      membres de la même humanité.
      Ainsi serons-nous des grains de blé qui,
      acceptant de tomber en terre et de mourir,
      portent du fruit en abondance.
      Ainsi participerons-nous, Seigneur,
      de par le dynamisme de ton Souffle,
      à la gloire et à la vie de ton fils Jésus.

      A la veille d’être glorifié,
      Jésus prit du pain,
      il le donna à ses disciples et leur dit :
      "Prenez et mangez-en tous,
      ceci est mon corps, le grain de blé
      tombé en terre pour porter du fruit en abondance.
      Rassasiez-vous en et diffusez autour de vous
      la vie, l’énergie et la joie que vous avez reçues
      en marchant à ma suite."

      De même, à la fin du repas,
      Jésus prit la coupe de vin, il te rendit grâce, ô Père,
      il la distribua à ses disciples en disant :
      "Prenez et buvez-en tous,
      Ceci est mon sang, celui de la nouvelle alliance
      entre Dieu et les hommes,
      que j’ai instaurée et que je vous révèle.
      Réjouissez-vous et abreuvez-vous en toute liberté.
      Ce vin deviendra en vous source jaillissante en vie éternelle."

      Thierry S. (Eucharistie et épiclèse sur Zacharie 9,9-10 et Jean 12,12-26.)


      Prière Eucharistique du dimanche 14 décembre 2014

      Seigneur notre Dieu,
      il nous est bon de te rendre grâce.

      Tu mets sur nos lèvres
      les paroles qui réchauffent
      et nos mains sont pleines de présents.
      Les mots que nous disons,
      les choses que nous donnons,
      tous nos échanges humains
      font pressentir ta présence,
      pourvu que nous soyons ouverts les uns aux autres.

      Tu nous confies ton Fils,
      ta propre parole sur nos lèvres,
      pour que nous la transmettions.
      Tu le mets dans nos mains
      pour que nous tâchions de faire le bien
      qu’il faut faire aujourd’hui.

      Et maintenant, Seigneur, envoie sur nous ton Souffle saint,
      que nous puissions partager fraternellement et en vérité
      ce pain et ce vin en mémoire de ton fils Jésus.
      que nous soyons, avec Lui, ta parole et ta largesse,
      ton signe d’espérance pour le monde.

      A la fin du repas qu’il prenait avec ses disciples,
      Jésus leur dit :
      « Voici le pain partagé,
      tenez, prenez et mangez,
      ceci est mon corps livré pour vous. »

      De même, à la fin du repas, il leur dit :
      « Voici la coupe,
      prenez et buvez,
      ce vin est mon sang versé pour vous,
      pour tout le monde,
      alliance nouvelle et éternelle.
      Ne vous lassez pas de la renouveler.

      Faites ceci en mémoire de moi. »


      Paroisse libre : célébration du 8/02/15

Préface

Invités par le grand Jacques à regarder par delà les frontières
Par delà celles qu’on nous impose et par delà celles que nous construisons nous-mêmes
Nous avons regardé, en tout respect bien sûr, la beauté des filles au bord de l’eau,
l’ami qu’on sait fidèle,
le retour de l’absent longtemps attendu.
Et nous avons écouté
Le chant des oiseaux
Le sang qui monte en nos veines
Les prières des enfants
Les berceuses des mères
Et le bruit de la terre qui s’endort doucement.
De tout cela et de tout ce que la vie et le contact avec les autres nous apportent tous les jours de beau et de bon, nous te remercions, Père.

A travers eux, c’est la fécondité de ton amour que nous découvrons. C’est elle qui nous relève lorsque nous sommes par terre, comme tu l’as fait pour le paralytique.

Oui, c’est elle qui fait de nous tes enfants, des enfants capables à leur tour de transmettre la Vie.

Nous te bénissons avec tous ceux qui regardent et entendent le chant du monde qui les entoure.
Ecoutons ainsi nos frères orthodoxes chanter ta louange.
Moment musical : Hymne des Chérubins

Epíclèse & mémoire de la dernière Cène

Seigneur Jésus, nous voici réunis pour partager le pain et le vin,
comme tu nous as demandé de le faire.
Si, aujourd'hui, nous sommes ici rassemblés,
c'est grâce aux prophètes qui, jusqu'à nous, ont transmis ta bonne nouvelle.
Avec reconnaissance, nous faisons mémoire
de ces hommes et de ces femmes
qui nous ont permis de connaître la divine douceur de ton Père,
qui ont travaillé, lutté et souffert pour la justice et la liberté,
qui ont été des messagers et des porteurs d'espérance.
Nous nous souvenons aussi
de ces hommes et de ces femmes
qui nous permettent aujourd'hui de connaître la divine douceur de ton Père,
qui aujourd'hui travaillent, luttent et souffrent pour la justice et la liberté,
qui aujourd'hui sont des messagers et des porteurs d'espérance.
Nous te supplions d'envoyer l'Esprit Saint sur nous et sur ces dons.
Qu'il les bénisse, les sanctifie et manifeste qu'en les partageants
nous devenions ce que nous sommes : le corps de notre Seigneur.
Lui qui, la nuit où il fut livré, prit du pain,
prononça la bénédiction,
le rompit et le donna à ses disciples en disant
"Prenez et mangez, ceci est mon corps donné pour vous"
De même, il prit la coupe de bénédiction
et l'offrit à ses disciples en disant
"Prenez et buvez, Ceci est la coupe de mon sang,
le sang de l'Alliance toujours nouvelle
pour la libération et la joie du monde. »


 

  1. Prière pour notre terre Prière du Pape François

  2. Dieu Tout-Puissant
    qui es présent dans tout l’univers
    et dans la plus petite de tes créatures,
    Toi qui entoures de ta tendresse tout ce qui existe,
    répands sur nous la force de ton amour pour que
    nous protégions la vie et la beauté.
    Inonde-nous de paix, pour que nous vivions
    comme frères et sœurs
    sans causer de dommages à personne.
    Ô Dieu des pauvres,
    aide-nous à secourir les abandonnés
    et les oubliés de cette terre
    qui valent tant à tes yeux.
    Guéris nos vies,
    pour que nous soyons des protecteurs du monde
    et non des prédateurs,
    pour que nous semions la beauté
    et non la pollution ni la destruction.
    Touche les cœurs
    de ceux qui cherchent seulement des profits
    aux dépens de la terre et des pauvres.
    Apprends-nous à découvrir
    la valeur de chaque chose,
    à contempler, émerveillés,
    à reconnaître que nous sommes profondément unis
    à toutes les créatures
    sur notre chemin vers ta lumière infinie.
    Merci parce que tu es avec nous tous les jours.
    Soutiens-nous, nous t’en prions,
    dans notre lutte pour la justice, l’amour et la paix.

  3. Prière chrétienne avec la création

  4. Nous te louons, Père, avec toutes tes créatures,
    qui sont sorties de ta main puissante.
    Elles sont tiennes, et sont remplies de ta présence
    comme de ta tendresse.
    Loué sois-tu.

  5. Fils de Dieu, Jésus,
    toutes choses ont été créées par toi.
    Tu t’es formé dans le sein maternel de Marie,
    tu as fait partie de cette terre,
    et tu as regardé ce monde avec des yeux humains.
    Aujourd’hui tu es vivant en chaque créature
    avec ta gloire de ressuscité.
    Loué sois-tu.

  6. Esprit-Saint, qui par ta lumière
    orientes ce monde vers l’amour du Père
    et accompagnes le gémissement de la création,
    tu vis aussi dans nos cœurs
    pour nous inciter au bien.
    Loué sois-tu.


    Ô Dieu, Un et Trine,
    communauté sublime d’amour infini,
    apprends-nous à te contempler
    dans la beauté de l’univers,
    où tout nous parle de toi.
    Éveille notre louange et notre gratitude
    pour chaque être que tu as créé.
    Donne-nous la grâce
    de nous sentir intimement unis à tout ce qui existe.
    Dieu d’amour, montre-nous
    notre place dans ce monde
    comme instruments de ton affection
    pour tous les êtres de cette terre,
    parce qu’aucun n’est oublié de toi.
    Illumine les détenteurs du pouvoir et de l’argent
    pour qu’ils se gardent du péché de l’indifférence,
    aiment le bien commun, promeuvent les faibles,
    et prennent soin de ce monde que nous habitons.
    Les pauvres et la terre implorent :
    Seigneur, saisis-nous
    par ta puissance et ta lumière
    pour protéger toute vie,
    pour préparer un avenir meilleur,
    pour que vienne
    ton Règne de justice, de paix, d’amour et de beauté.
    Loué sois-tu.
    Amen.


Préface 9/06/13


Nous te glorifions

Notre Père qui est aux cieux

pour nous avoir créés sur cette terre

qui chante maintenant ta louange

vêtue de toute la splendeur des couleurs d’automne.


Nous te glorifions pour nous avoir envoyé Jésus

Qui marchait sur cette terre comme nous maintenant

Qui n’était pas reconnu par tous

Qui suivait son chemin

Sans se tourmenter de ce que disent les mauvais langues.

Donne nous le courage de Te servir

En restant nous-même.


Nous te rendons grâce, Seigneur

Pour nous avoir laissé ton Esprit

Qui nous accompagne et parfois nous éclaire

Dans le temps des ténèbres

qui nous voilent de temps en temps.


Mais le don de l’Esprit est aussi le don difficile

Parce que, selon Ta volonté

C’est à nous de manifester ses actions

Par nos activités variées.

Notre réalité quotidienne nous montre

Qu’il n’est pas facile d’être porteurs de l’Esprit Saint

D’avoir la responsabilité de discerner le bien et le mal

Dans le monde des conflits et des defis,

Dans l’Église qui ne parle pas d’une seule voix

Qui souvent ne nous aide pas

dans toute la complexité que nous devons confronter.


Aide nous dans cette tache

Pour que le monde soit meilleur.


Seigneur notre Père

Nous allons maintenant partager, selon le commandement de ton Fils

Le pain de nécessité et le vin de la fête

Et par eux, l’appel du chemin de vie que Tu nous as montré par Ton fils

Et l’appel d’amour avec lequel il a librement donné sa vie -

Permet-nous de la multiplier

De nourrir de reflet de Ton amour tous ceux que Tu invites à Ta table

l’humanité toute entière.


(Sanctus)


En Sa présence, comme il nous a promis

« Si deux ou trois de vous seront rassemblés en mon nom… »

Nous allons écouter l’appel à la vie et à la vérité qu’il nous a laissé


Dans la nuit où Il fut livré, Il prit du pain, et après avoir rendu grâce, Il le rompit et dit ;

« Ceci est mon corps livré pour vous, faites cela en mémoire de moi ».


Il fit le même pour la coupe, après le repas, en disant :

« Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang ; faites cela, toutes les fois que vous en boirez, en mémoire de moi »



Célébration de la PL du 22 novembre 2015


Préface

Face à la tempête qui se déchaîne, même des marins expérimentés comme les apôtres ont eu peur. Se voyant submergés, ils crient « Nous sommes perdus; au secours !

Nous n’en sommes pas là heureusement, nous ne sommes pas mis en joue par un kalachnikov ; mais depuis une semaine nous enregistrons les horreurs subies par des innocents , et cela non loin de nous. Nous frémissons à la vue de leurs proches atteints dans leur affection. Présentement nous sommes en alerte 4. Les inconvénients que nous en subissons sont peu de chose par rapport à l’importance de la menace. Néanmoins tantôt, lorsqu’on nous a lu le psaume 61, nous nous retrouvions dans la prière du psalmiste.

Du bout de la terre, je fais appel à toi quand le cœur me manque.

Le cœur nous manque en effet lorsque nous nous sentons attaqués aux cris de « Allah akbar », non point tellement en fonction de ce que nous , nos ancêtres ou notre société ont fait de mal ou d’injuste mais par haine de ce que nous avons de plus cher, notre culture, notre liberté, notre souci d’égalité et de fraternité et aussi notre foi, le message de l’évangile.

Quand nous nous tournons vers toi, Seigneur, te demandant d’être notre refuge, un bastion face à l’ennemi, une tente où nous puissions nous reposer, il nous semble que nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir. Et pourtant comme aux apôtres apeurés, il nous est asséné un brusque reproche « Où est votre foi » ?

Comment ? Cela ne suffit-il pas que nous implorions ton aide, Seigneur ? N’est-ce pas là avoir foi en toi ? Que nous manque-t-il ?

Je me le demandais, comme vous peut-être, en préparant cette eucharistie. Et je suis arrivé à la conclusion qu’il fallait en priorité obéir à ce qu’il nous avait commandé : Faites ceci en mémoire de moi. Le partage du pain et du vin.
Le partage du pain et du vin, il ne peut se faire qu’en rendant grâce. Qu’est-ce qui nous pousse aujourd’hui dans notre présent à rendre grâce ?

Je vous propose de garder un moment de silence et pour que nous cherchions dans notre cœur ce qui, pour nous, aujourd’hui est un motif de rendre grâce, d’être reconnaissant.

Hosannah

Epiclèse

Envoie ton Esprit sur nous, ici réunis pour te prier, et sur tous ceux qui croient en ton évangile afin que nous osions croire, avec notre évèque Joseph et François l’évêque de Rome, que nous sommes aimés par ton Père. Ouvre nos portes et nos fenêtres et que nous soyons accueillants à l’Autre et aux autres. Nous t’en prions, ne nous laisse pas nous égarer lorsque nous sommes confrontés à l’indifférence, à l’injustice et à l’intolérance et menacés de pactiser avec elle. Donne-nous la force et le courage de la résistance, mais aussi de la bienveillance et du pardon.

Ce projet pour l’homme, Jésus l’a fait sien et l’a porté à travers les contradictions ; Pour cela, il a été jusqu’à donner sa vie, fidèle à sa parole, fidèle à son amour.

C’est ainsi que dans la nuit où il fut livré, Jésus invita ses disciples à prendre avec lui un dernier repas ; il leur lava les pieds, leur montrant ainsi qu’il se faisait leur serviteur.

Et puis, il rendit grâce rappelant à ses disciples qu’ils étaient aimés par le Père, que la création et toute l’histoire du salut étaient l’expression de la sollicitude du Père pour les hommes

Il prit du pain et le rompit en disant : «  Ceci est mon corps, qui est donné pour vous, partagez-le entre vous en mémoire de moi ».

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Il fit de même pour la coupe, après le repas, en disant «  Cette coupe est celle de la nouvelle Alliance en mon sang ; chaque fois que vous en boirez, faites-le en mémoire de moi. »

Oui, lorsque nous mangeons aujourd’hui ce pain et buvons cette coupe, nous annonçons la mort et la vie du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne.