La Paroisse Libre


Ce portrait a été dessine par une équipe composée de Suzanne Daws, Pierre de Locht. Marie-Claire Gondry et Paul Tihon, a l'occasion de la journée "fenêtres ouvertes" organisée par les communautés catholiques de Bruxelles, le 26 avril 1997.
Editeur responsable: Jean Gondry. 58. rue de la Prevoyance, 1000 Bruxelles

NOS OPTIONS

Ces options, elles étaient présentes au départ, il y a près d'un quart de siècle. Elles sont toujours les nôtres aujourd'hui.

D’abord il y a Jésus Christ
Ce qui nous réunit, c'est la place que nous donnons - différente sans doute pour chacune et chacun - à la recherche de Jésus Christ, que nous voulons célébrer ensemble.

Jésus Christ aujourd'hui
Cette foi en Jésus, nous ne la concevons qu'engagée dans la réalité présente et les grands problèmes du monde.

"Vous êtes tous frères" - et sœurs... 
Nous voulons une communauté sans hiérarchie. Chacun, chacune, au-delà des distinctions homme-femme, prêtre-laïc, jeune ou plus âgé y prend activement sa part de responsabilité.
Aucune condition au départ. Quiconque souhaite y prendre part est le bienvenu. On ne cherche pas à savoir qui est qui, s'il est marié, divorcé, célibataire, prêtre en fonction ou ayant pris distance par rapport au cadre institutionnel. Peu importe, du moment que la découverte principale soit la Bonne Nouvelle de Jésus de Nazareth et cela, dans une recherche commune.

Au cœur de nos rencontres – 

Nous célébrons ensemble Jésus Christ. C'est lui qui nous rassemble. C'est en lui que notre communauté toute entière veut se retrouver. C'est en lui qu'elle se sent reliée à toutes les autres communautés chrétiennes de par le monde.

Ensemble, nous avons un temps d'échange où nous partageons la Parole - celle de l'un et l'autre Testament mais aussi la nôtre, celle qui peut faire entendre si nous l'écoutons l'écho de ce que "l'Esprit dit aux Églises" - et au monde! Aujourd’hui . . .

Puis nous partageons le Pain et la Coupe comme "ce soir-là où il était réuni avec ses amis. .."

 

Femmes et hommes de notre temps

Un temps plein d'incertitudes et de craintes, un temps à la recherche de sens, mais aussi un temps soucieux de plus d'humanité, à la recherche d'un nouveau lien social.

Un temps de foisonnement, d'initiatives, où de multiples groupes essaient, créent, inventent sans craindre l'échec.

A toutes ces réalités d'aujourd'hui, nous voulons être attentifs. Nous essayons d'y être présents de les analyser de mieux les comprendre. Nous poursuivons ensemble la recherche d'une "foi intelligente" qui colle à la culture de notre temps.

Beaucoup d'entre nous ont des engagements personnels divers et des ancrages pluriels qui viennent enrichir nos rencontres.

 

"Faire communauté", c'est pour nous:

- créer un espace de liberté qui réfléchir de prier et de respirer

* sans souci de hiérarchie entre nous,
* sans souci des différences d'âge, de culture, de formation, de sensibilités.
* en essayant d'accepter chacun tel qu'il est, chacune telle qu'elle est, en marche sur le chemin qui est le sien;

- ne pas vivre en ghetto, petite cellule où l'on se sentirait bien entre soi,

* et donc heureux d'accueillir l'hôte de passage.
* heureux de rencontrer d'autres communautés,
* soucieux de participer activement à l'un ou l'autre événement de l'Eglise de Bruxelles ou d'ailleurs;

- être ouverts à ce qui se vit dans notre société,

* sachant prendre position quand il le faut,
* exprimant notre soutien,
* sachant publier un manifeste, écrire une lettre collective, signer une pétition.

 

Une "paroisse autogérée"!

Voilà une étiquette que nous n'avons pas choisie nous-mêmes.
Elle nous a été attribuée et nous trouvons qu’elle nous caractérise bien.

Genèse. . .

"Paroisse", c'est le nom que nous avions choisi dès le point de départ - elle a été fondée à Pâques 1973.
Nom classique: il s'agissait effectivement d'une communauté de foi porteuse d'un héritage chrétien. Mais son contenu n'était pas défini d'avance. Durant toutes ces années, cette petite communauté a cherché à vivre et à se déployer sous l'impulsion du dynamisme de ses membres et au rythme des besoins d'approfondissement et d'ouverture qui y murissaient.

Ainsi sont nés et se sont développés, parfois à travers de longs débats et de lentes maturations, un minimum de services et de structures qu'appelait la vitalité du groupe. Car ceux et celles qui se retrouvent ainsi pour vivifier leur référence à Jésus Christ sont, plus qu'on ne le croit souvent, porteurs de vie, d'expériences diverses, d'insertions sociales variées, de souffle intérieur, de charismes multiples. Que de ressources dans de telles rencontres, lorsqu'on y croit, lorsqu'on y est attentif, lorsqu'on ose tabler sur ce que chacune et chacun porte en soi d'aspirations et de talents!

Ne serait-ce pas avant tout ainsi qu’on "est Eglise", qu'on "fait Eglise", tout en étant alertés par ce qui germe et vit autour de nous, dans ce monde dont nous sommes partie prenante?

"Autogestion" répond donc aux ressources et aux besoins des membres qui composent la communauté. A tous ses membres, car le mode de fonctionnement (spécialement l'absence de leader pré-établi) fait appel à la participation active de chacune et de chacun et la suscite.

 

Des étapes privilégiées...

Au cours de ces vingt-quatre années d'existence nous avons vécu des moments importants de réflexion et de développement qui ont marqué et marquent toujours la vie du groupe.

* Ce furent, par exemple, plusieurs baptêmes. Ce fut aussi la demande de l'une d'entre nous: elle pressentait qu'elle vivait probablement la dernière étape de sa vie et souhaitait qu'on réfléchisse ensemble à la signification du sacrement des malades. Nous l'avons alors célébré ensemble, sous une forme adaptée au groupe.

* Ce fut, en diverses étapes, une recherche approfondie du sens qu'il y a pour nous à "rompre ensemble le pain et partager la coupe en mémoire de Jésus Christ". Cette recherche fut suscitée en partie par l'absence occasionnelle d'un prêtre, mais plus profondément par la prise de conscience, combien plus engageante pour chacun et chacune, que c'est la communauté qui célèbre. Faire mémoire de Jésus Christ en partageant le pain de vie et la coupe du salut nous engage, au-delà du signe liturgique, à essayer d'inscrire davantage sa Bonne Nouvelle dans le quotidien de notre existence. Cela nous amène à des modalités diverses de participation commune: modalités non figées, en recherche constante, qui correspondent au cheminement de la communauté.

* Ce fut aussi, il y a quelques années, une série de célébrations et d'échanges consacrés au rôle traditionnellement attribué au prêtre. Ce rôle a souvent entrainé une minorisation et une démotivation des autres baptisés. Ce fut l'occasion pour nous d'une meilleure compréhension de notre égale dignité foncière de croyants.

Notre mode de fonctionnement ne se veut nullement normatif. Il répond aux étapes de maturation de notre groupe. Chaque communauté n'est-elle pas appelée à trouver son rythme, en relation avec les communautés amies et sœurs, en relation avec la grande Eglise ?

 

Ca s'autogère comment

Des règles du jeu :

* une rencontre tous les quinze jours, les quatrièmes dimanches de chaque mois, de 18.00h. à 20.00h. Les rencontres sont d'ordinaires un thème qui fait l'objet du partage et aussi dans la prière eucharistique qui suit.
* Des temps forts: Noel, la Semaine Sainte, pâques, où un bon nombre d'amis nous rejoignent, et où la rencontre se prolonge par un repas de fête.
* Une assemblée annuelle d'une journée: un bilan, des projets d'avenir, des décisions, une réflexion sur un thème qui nous préoccupe à ce moment - parfois présenté par une personne invitée.
* Une équipe de coordination de trois membres, élue par l'assemblée et renouvelée en partie chaque année.
* Un bulletin trimestriel: Informations Paroisse libre, qui reflète notre vie et est envoyé aux membres et aux amis.

Les jeunes, les enfants ne sont présents chez nous qu’occasionnellement. Notre communauté est majoritairement composée de femmes et d'hommes d'âge mur. Cela ne nous empêche pas de rester ouverts, de chercher à être heureux, et soucieux de démontrer, autant que des plus jeunes, que l'Évangile est vraiment pour nous Bonne Nouvelle.